La Chaire « La Défense en perspectives » de la Fondation de l’Université Paris Nanterre, recrute un.e. post-doctorant.e en sciences humaines et sociales, ayant obtenu un doctorat (qu’il s’agisse d’un doctorat en économie, en gestion, en sociologie, en psychologie du travail ou en ergonomie).
1. Objectifs et programme scientifique de la Chaire « La Défense en perspectives »
Penser le devenir des quartiers d’affaires mondiaux dans leur relation avec les villes, les territoires et leurs acteurs s’impose comme une urgence d’autant que la pandémie COVID-19 oblige à amender les perspectives. Ces préoccupations vont de pair avec un chantier stratégique de réflexion sur l’avenir du travail : les transformations technologiques, les évolutions des modalités de travail, des frontières entre la vie au travail et la vie hors travail, des modes de vie, comme des mobilités modifient le rapport au temps et à l’espace et bousculent les modes de management.
Pour répondre à ces défis majeurs, de grandes entreprises, des acteurs territoriaux, le monde de la recherche et de la formation au travers de l’université Paris Nanterre et sa fondation, se fédèrent autour d’une Chaire : La Défense en perspectives.
Le programme de recherche transversal de la Chaire mobilise à la fois sur une pluralité de disciplines en sciences humaines et sociales et les savoirs et les savoir-faire des entreprises et acteurs publics. Il porte une attention particulière aux transformations et évolutions propres aux quartiers d’affaires à l’échelle internationale et notamment à celles qui touchent le territoire de La Défense.
L’un des axes fort du programme scientifique de la Chaire s’intéresse aux transformations du travail (en particulier aux mutations du travail et de l’emploi), des environnements et des outils de travail, des espaces et temporalités associés aux activités professionnelles/personnelles ; les transformations des pratiques professionnelles individuelles et collectives, des modes de management et des modalités de travail en équipe ; les incidences de ces transformations sur la qualité de vie au travail, mais aussi sur les modes de vie et les équilibres de vie ; l’impact de la digitalisation du travail sur les pratiques professionnelles à tous les échelons, sur le rapport au travail et sur les attentes des (futurs) travailleurs.
Dans ce contexte, le télétravail occupe aujourd’hui une place prépondérante qu’il convient d’investiguer dans le cadre d’une démarche scientifique. Se pose la question des enseignements que l’on peut tirer de l’expérience du télétravail contraint en période de pandémie : a) afin de rendre cette pratique optimale hors temps de crise et b) d’anticiper ses conditions de redéploiements en situations d’urgence et de crise à venir.
2. Missions et profil recherché
Le.la post-doctorant.e devra :
- Proposer une cartographie du télétravail dans le monde (taux de pratique et son évolution, caractéristiques de télétravailleurs, modalités de mise en œuvre, conséquences objectives et perçues, avantages et inconvénients pour les entreprises/les collaborateurs, etc.) et en particulier dans les quartiers d’affaire
- Analyser les conditions de déploiement du télétravail en France depuis le début de la pandémie Covdi-19 (recension de la littérature scientifique et des études; identification des écueils et des leviers de réussite du déploiement du télétravail en période de crise ; entretiens auprès de DRH de grands groupes, directeurs/responsables/référents télétravail et de manageurs) ;
- Evaluer les incidences du télétravail sur le travail lui-même et les salariés au sein du territoire (analyse des indicateurs RH ; questionnaire en ligne appréhendant les effets du télétravail pendant la crise sur le travail et ses conditions de réalisation, le rapport au travail, la qualité du travail, les modes de management et de collaboration, la santé et les équilibres de vie).
Il est attendu que le/la candidat.e :
- Possède une solide connaissance du monde du travail, des modalités d’organisation du travail, de ses conditions d’exécution et de leurs effets, des évolutions des lieux et espaces de travail ;
- Est capable de convoquer des modèles explicites de sa propre discipline académique et de les relier aux autres disciplines ;
- Maitrise les méthodes de recension de travaux et matériaux, d’analyses de données textuelles et documentaires ;
- Soit familièr.e des techniques de recueil de données empiriques (techniques d’entretien de recherche, élaboration et mise en ligne de questionnaire) ;
- Ait une expérience conséquente en traitements de données tant qualitatifs que quantitatifsadossée à la maîtrise de logiciels spécialisés ;
- Possède des compétences en communication tant dans le domaine académique (publications internationales) qu’en direction des entreprises et leurs représentants.
3. Durée du contrat et rémunération
Le contrat de recherche sera d’une durée de 12 mois à temps plein (mi-mars 2021 à mi-mars 2022). Le.la candidate devra avoir soutenu sa thèse depuis moins de 4 ans (soutenance postérieure à mars 2017). La rémunération du.de la candidat.e dépendra de son expérience (entre 1900 et 2300 euros brut par mois).
Le.la post-doctorant.e sera intégré.e au sein du LAPPS (Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale, EA4386). Il.Elle sera supervisé.e par Emilie Vayre, Professeure à l’Université Lumière Lyon 2 et Chercheuse associée au LAPPS.
4. Livrables
Le.la post-doctorant.e restituera :
- 1 rapport intermédiaire à mi-parcours faisant état de ses avancées ;
- 1 rapport final présentant l’ensemble de sa démarche et les résultats acquis.
5. Contacts et candidature
Les candidatures (CV et Lettre de motivation) doivent être conjointement envoyées à Emilie Vayre (emilie.vayre@univ-lyon2.fr) et Sophie Prunier-Poulmaire (sophie.poulmaire@parisnanterre.fr), Co- responsables de la Chaire « La Défense en perspectives ».
La date limite de réception des candidatures est fixée au 10 janvier 2021.
Une offre de CDD pour un poste de chercheur en ergonomie est proposée dans le cadre d’un projet de recherche-action qui vise à construire avec le réseau de préventeurs de la MSA, une méthode de prévention durable des systèmes de travail dans le monde agricole. La prévention durable pourra être appréhendée comme un processus d’accompagnement qui viserait à intégrer les enjeux d’un travail durable dans les changements, transitoires ou pérennes en train de se faire.
Ainsi, il s’agirait de construire avec les préventeurs les moyens d’accompagner les entreprises affiliées vers plus d’autonomisation sur les questions de santé et sécurité au travail et de système de travail durable, dans une double orientation : 1) prendre en charge les enjeux de santé et sécurité au quotidien dans son travail, 2) identifier les personnes ressources pour travailler son projet de travail durable.
Date limite de candidature : 23 décembre 2020
Envoi des candidatures : vincent.boccara@universite-paris-saclay.fr
L’ouvrage « Les travailleurs du management » , sous la direction de Valérie Boussard, Marie-Anne Dujarier et Ferruccio Ricciardi, vient de paraître aux éditions Octares.
Résumé : Le management est devenu un fait social majeur : il cerne de plus en plus étroitement l’activité de chacun et s’impose à nos manières de penser, d’agir et de sentir, dans toutes les sphères de nos existences. Mais d’où vient-il ? Comment peut-on comprendre et expliquer sa fabrication concrète ?
Cet ouvrage montre que le management est le produit d’un travail, réalisé quotidiennement par des travailleurs et travailleuses du management. Huit enquêtes, menées dans des entreprises privées et des organisations publiques, par des sociologues, politistes et historiens offrent de voir ces travailleurs du management à l’œuvre, qu’ils soient qualiticiens, contrôleurs de gestion, administrateurs territoriaux, cadres intermédiaires de l’État, consultants ou ingénieurs.
Il met en évidence que les pratiques managériales et leurs outils, méthodes, discours, procédures, normes, etc., sont le résultat d’un processus d’institutionnalisation des savoirs et de construction de groupes professionnels. Il montre aussi que les travailleurs du management sont des « missionnaires du changement » qui promeuvent la performance et la rationalité instrumentale, et contribuent ainsi à une bureaucratisation qui, derrière sa neutralité revendiquée, est en réalité profondément politique.
Un nouvel ouvrage vient de paraître aux éditions Octares : « Travail, formation et éducation au temps des transitions écologiques » sous la direction de Félicie Drouilleau-Gay et Alain Legardez.
Résumé : Comment comprendre l’émergence et le succès de cette notion de « transition », d’abord associée à l’énergie, avant de s’assumer, plus récemment en France, à travers une vision écologique globale (par le biais de la – ou des – transitions écologiques) ? Un retour sur les termes utilisés et sur leur origine apparaît utile pour s’orienter dans les débats passés, présents et futurs. En effet, depuis une dizaine d’années, des politiques de transitions énergétiques ont été engagées en France, sous l’égide de différents gouvernements, incarnées en 2015 par l’adoption de la Loi de transition énergétique. Quel bilan tirer de ce chemin, non dénué d’embûches ? Cet ouvrage offre une lecture, souvent critique, d’étapes parcourues cette dernière décennie, à travers la présentation d’études et de recherches, conduites en partie au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), sur des secteurs industriels et économiques liés aux transitions énergétiques comme la méthanisation, l’éolien en mer, les smartgrids, la construction, le domaine du transport et de la logistique. Il présente également des pistes pour la compréhension et la rénovation de la formation professionnelle des adultes sur ces enjeux.
Les éditions L’Harmattan publient un nouvel ouvrage qui s’intitule « Ergonomie, école, efficacité : les 3 E indissociables. Elèves et enseignants heureux, c’est possible ! »
Résumé : De ses travaux en neurosciences jusqu’à ses recherches les plus récentes en ergonomie, de ses rencontres avec les enseignants et les personnels de l’éducation nationale, les parents, les personnels des collectivités territoriales, Nicole Delvolvé délivre une réflexion critique et argumentée des conditions de vie et de travail dans les établissements scolaires. Elle développe clairement l’idée d’un équilibre à trouver entre le facteur humain et les contraintes contextuelles afin que chaque élève puisse apprendre avec plaisir et efficacité et que les enseignants et les personnels d’encadrement soient heureux dans leurs missions.
Le dernier ouvrage publié aux éditions Octarès s’intitule « Mobiliser et développer des compétences interactionnelles en situation de travail éducatif« , sous la direction de Laurent Filliettaz et Marianne Zogmal.
Résumé : Le travail au quotidien des éducateurs de l’enfance constitue encore aujourd’hui une réalité méconnue et occultée par d’innombrables représentations sociales et attentes institutionnelles. Peut-être parce qu’il semble se rapprocher de dispositions naturelles ou acquises spontanément – celles de savoir éduquer des enfants – il ne fait que rarement l’objet de recherches dans le champ des sciences de l’éducation. Et pourtant, le travail éducatif « ne se fait pas tout seul ». D’abord parce qu’il mobilise chez les professionnels une mise en œuvre de ressources dans des situations nécessairement singulières et souvent marquées par l’incertitude. Et ensuite parce qu’il repose sur une distribution de ces ressources et un accomplissement nécessairement collectif. Qu’ils animent un jeu avec des enfants, qu’ils accueillent leurs parents dans des moments de bilan, qu’ils régulent ou coordonnent leurs pratiques à l’occasion de colloques d’équipes, les professionnels de l’éducation ne constituent jamais des acteurs solitaires et autonomes : ils agissent sur–, réagissent à–, se posent contre–, se mettent en lien avec–, etc. Bref, ils interagissent dans des environnements matériellement et historiquement situés.
C’est ce travail interactionnel et les compétences requises pour le mener à bien qui constitue l’objet de cet ouvrage. Au moyen d’une observation fine de situations éducatives ordinaires filmées dans des institutions de la petite enfance du canton de Genève en Suisse, les auteurs apportent un éclairage sur différentes facettes du travail éducatif dans le champ de la petite enfance : la structuration des activités d’éveil, l’animation des jeux libres, l’observation des enfants, la conduite des réunions et des transitions, l’encadrement et l’accompagnement des étudiants à l’occasion de stages. Ce travail analytique fin vise un double objectif. Celui de comprendre quelles compétences interactionnelles sont mobilisées et requises par les métiers de la petite enfance. Et aussi celui de décrire comment ces compétences se construisent et se développent dans des situations de formation professionnelle initiale.
Dans sa lettre d’information de ce mois d’octobre, les Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT) mettent à l’honneur le travail conjoint qui a été réalisé par cet institut et la Commission Histoire de la SELF pour réunir l’ensemble des archives de la SELF. Elle annonce également que son instrument de recherche complet sera bientôt disponible sur le futur site internet des ANMT.
La revue d’Anthropologie des connaissances vient de publier un numéro spécial portant sur « La fabrication du regard dans l’apprentissage du métier » , un dossier écrit sous la direction de Barbara Pentimalli, Vanessa Rémery et Caroline Datchary.
Résumé : Ce dossier thématique contribue à l’anthropologie du regard et de l’expertise professionnelle. Il documente les formes de la transmission du savoir-voir dans des métiers où les façons de voir sont éprouvées, questionnées et reconfigurées. Il traite de la construction du savoir-voir, sa dimension multisensorielle et multimodale, les méthodologies permettant de documenter son apprentissage et son développement, et ses étayages techniques. La diversité des terrains, des méthodologies et des approches documente le rôle des habiletés visuelles dans la production, la circulation et la transformation des façons de voir de différentes communautés de pratique.
« Le philosophe et l’enquête de terrain : le cas du travail contemporain » est un nouvel ouvrage publié par les éditions Octarès, sous la coordination de Muriel Prévot-Carpentier, Massimiliano Nicoli et Luca Paltrinieri.
Résumé : La reconnaissance de centralité du travail dans l’agenda philosophique nécessite une remise en question du rapport de la philosophie aux sciences humaines et sociales, et en particulier à la sociologie, l’économie ou la psychologie et l’ergonomie, qui ont fait du travail humain un terrain d’enquête empirique. Si le rapport de la philosophie aux sciences humaines et sociales a déjà fait l’objet de discussions, nous nous y attachons sous un angle caractéristique : celui de l’interrogation philosophique de la notion et de la pratique du « terrain », à travers les questions du travail.
Alors que la philosophie elle-même devient une pratique au sens d’un travail conduit de plus en plus sur des « matières » qui lui sont « étrangères » (Canguilhem), l’ambition n’est pas de fournir de réponse définitive mais bien plus d’ouvrir un chantier sur la pratique philosophique elle-même et ses multiples hybridations. En refusant toute position de surplomb du philosophe et en s’intéressant aux cas où la philosophie elle-même est productrice d’une connaissance spécifique et située du travail, l’ouvrage conteste ainsi la division du travail entre « sciences du social » et spéculation philosophique.
« Pratiques de l’ergonomie : de la méthode aux applications » est un nouvel ouvrage publié par les éditions Octarès, sous la direction de Marion Wolff et Régis Mollard.
Résumé : Ce livre est le fruit d’une collaboration entre universitaires et industriels, rythmée par des rencontres régulières au cours des congrès et des workshops « Ergo’IA » (Ergonomie et Informatique Avancée) et par les enseignements du Master d’Ergonomie de l’Université de Paris. Le lecteur est amené vers des problématiques issues de divers domaines d’application illustrant différentes facettes de l’Ergonomie (physique, cognitive, organisationnelle) et de l’Ingénierie Facteurs Humains (FH) au travers des mondes : médical, services grand public, pénitentiaire, transports, défense, télécommunications. Les différentes démarches méthodologiques propres à l’Ergonomie sont abordées du point de vue de l’interaction Humain-Humain, Humain-Machine ou Humain-Système, tout en liant théorie et pratique. Les étudiants aussi bien que les professionnels trouveront au fil des différents chapitres de nombreuses pistes de réflexion quant aux évaluations FH, de l’analyse systématique à la Conception Centrée Utilisateur, qui évoluent constamment avec les avancées technologiques et l’utilisation de systèmes innovants.