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Il était attendu et demandé par plusieurs d’entre vous ; comme annoncé au cours de l’Assemblée Générale du 22 septembre dernier, l’annuaire des membres de la SELF est enfin disponible !

Nous avons profité de quelques difficultés techniques et du retard pris dans son édition pour prendre la décision de vous le proposer plutôt sous forme dématérialisée, consultable en ligne et téléchargeable.

Comme c’était le cas précédemment, l’annuaire reste accessible uniquement aux membres de l’association (vous devez vous être enregistrés au préalable dans l’espace membre situé dans le menu en haut à droite sur le site).

Le chemin pour y accéder sur le site se fait par le menu principal : LA SELF > MEMBRES > ANNUAIRE

Bonne consultation à toutes et tous.

Assurer la visibilité de l’ergonomie et celle de la SELF

Un constat s’impose à nous : la visibilité de l’ergonomie est insuffisante dans le débat social et dans le monde institutionnel, au niveau mondial comme en France. Lorsque la question du travail est évoquée, dans la presse par exemple, il est fait référence plus souvent aux travaux des économistes, des chercheurs en sciences de gestion ou des sociologues qu’à ceux des ergonomes.  Un exemple récent peut être cité : le débat sur la maltraitance des animaux et les conditions de travail dans les abattoirs n’a pas été l’occasion de valoriser les enquêtes des ergonomes et les connaissances de l’ergonomie.
 

La visibilité actuelle de l’ergonomie

Dans les entreprises, la référence au débat sur le travail réel et la mise en place des projets de conception de systèmes de travail se fait plus souvent en référence à une dimension « facteurs humains » issue de l’ingénierie où la contribution originale de l’ergonomie est occultée. Dans les cursus universitaires également, la place des enseignants chercheurs en ergonomie doit être défendue au sein des instances de qualification où notre discipline est traitée avec des critères d’évaluation très éloignés des fondements épistémologiques et des méthodologies de notre discipline. La contribution de l’ergonomie à la conception de produits, malgré quelques avancées notables dans la conception de grands systèmes, intervient encore trop rarement dès le lancement du projet, compte tenu d’une approche commerciale limitée à quelques retours d’expérience de la clientèle. L’ergonomie est plus souvent sollicitée a posteriori lorsqu’on constate des difficultés dans l’utilisation.

Pourquoi cette situation ? Certes, différents facteurs tels que l’état de l’économie ou les grands choix de société en France et en Europe ainsi que l’affaiblissement du syndicalisme pèsent sur la prise en compte de la question du travail et par conséquent sur la prise en compte de l’ergonomie. Mais nous sommes de plus en plus nombreux à exercer le métier d’ergonome : en entreprise, dans les services publics et collectivités territoriales, dans les universités et les centres de recherche, dans les services de santé au travail, dans les cabinets de conseil. Dans des formes et sur des champs d’intervention extrêmement divers, la pénétration de l’ergonomie est un fait. L’expérience s’accumule et il existe indiscutablement un développement de notre discipline : les réponses proposées par les intervenants et chercheurs que nous sommes, offrent une remarquable richesse liée au mélange des courants de l’ergonomie, à l’infusion des disciplines connexes dans nos pratiques, au renouvellement des façons de faire.

Il y a lieu de s’interroger sur cet écart entre la présence croissante de l’ergonomie et cette invisibilité récurrente. Deux écueils nous guettent : le premier, la diversité des métiers, la diversité des ergonomies participent de l’invisibilité de notre discipline ou en tout cas d’un brouillage certain ; le deuxième, en miroir, provient d’une difficulté à partager, à échanger sur nos écarts et à trouver les complémentarités utiles à la consolidation de la discipline.

Le débat sur l’urgence de la promotion de l’ergonomie, (dans sa dimension globale et non pas réduite à une approche des « facteurs humains ») n’est pas nouveau, mais il s’impose ces derniers temps avec une actualité particulière, y compris dans l’aire culturelle francophone où l’on pouvait croire que l’ergonomie était plus solidement installée. Ces interrogations sont également présentes, à l’échelle mondiale, au sein des principales sociétés d’ergonomie, ainsi qu’il résulte des échanges que nous avons avec les sociétés homologues au sein de FEES ou de l’IEA. Pour la SELF, la question du travail mérite donc que l’ergonomie s’affirme en tant que discipline à part entière et non pas en tant que supplément  « facteurs humains » d’une ingénierie.

Mais nous devons aussi nous interroger sur nos propres insuffisances, en tant que collectif, et sur la capacité de la SELF à prendre toute sa place dans ce débat. En effet la SELF, dans le paysage que nous venons de décrire, marqué également par la multiplication des associations et structures se réclamant de l’ergonomie, devrait pouvoir exprimer la diversité des ergonomies mais aussi son unité. La SELF a la vocation de fédérer les énergies et les associations représentatives des métiers de l’ergonomie, en tant que société dédiée à la promotion de la discipline ergonomique. La SELF accomplit-elle cette mission de manière satisfaisante ? Est-elle un relais efficace ? Les réponses que nous apportons ne sont, à l’évidence, pas complètement à la hauteur des enjeux actuels.
 

Se donner de nouveaux moyens d’agir

Face à cette situation, des initiatives sont prises par des ergonomes pour valoriser notre discipline et nos professions. Des formes originales d’expression sur la question du travail se sont développées depuis quelques années : journée « work n’roll » associant débat sur le travail et musique, expositions de dessins et de photos, courts métrages de vulgarisation, développement des revues d’ergonomie francophones, prises de position dans les médias à l’occasion du débat parlementaire sur la « loi travail». La SELF a soutenu plusieurs de ces initiatives et certaines d’entre elles seront présentées au prochain Congrès SELF à Marseille. Ces différentes actions sont intéressantes et ouvrent des voies nouvelles, mais nous sommes bien conscients que la SELF doit en inventer d’autres et mieux affirmer sa place de société référente pour l’ensemble des ergonomies et pour tous les ergonomes. Des réflexions sont en débat au sein du Conseil d’administration de la SELF pour donner plus d’ampleur à nos projets communs :

Voilà quelques-unes des questions cruciales à l’ordre du jour de notre prochaine Assemblée Générale à laquelle vous êtes invités à prendre toute votre part.

Pascal Etienne,
Président de la SELF
Le 23 juillet 2016

La mise en place des nouveaux outils de la SELF via son site web se poursuit et chacun d’entre nous tend à s’en approprier le fonctionnement. Des nouveautés, dont un Forum, ne devraient pas tarder à entrer en service… encore un peu de patience !

En cette période estivale, les travaux pour l’organisation du  51ème congrès de la SELF (qui aura lieu à Marseille les 21, 22 et 23 Septembre 2016) se poursuivent, et nul ne doute, qu’au regard du programme publié, les efforts des organisateurs (Sylvain Leduc, Gérard Valléry et toute leur équipe) seront récompensés par un beau succès au sein de la cité Phocéenne.

Les membres du CA, quant à eux préparent l’assemblée générale de notre association qui se tiendra durant le congrès, le 22 Septembre à 17h30 dans l’auditorium du palais du Pharo. J’espère vous y voir nombreux, afin que nous puissions échanger sur le bilan de notre activité sur le dernier exercice.

Le projet de refonte des congrès est lui maintenant lancé et nous commençons à en diffuser les idées aux organisateurs du congrès 2017, qui travaillent déjà d’arrache pied !

Je réitère mon invitation à l’ensemble des membres de la SELF, à venir nous faire part de leurs attentes, leurs idées quand au format du congrès de la SELF.

Les travaux du Collectif ORME ont également connu une avancée significative en ce mois de Juin. Un projet de fiche ROME construit et validé conjointement par l’ensemble des associations depuis des mois, a pu être déposé au Pôle Emploi. Nous devrions donc assister à la naissance de cette nouvelle fiche ROME au plus vite au sein du pôle emploi.  Merci à l’ensemble des membres d’association qui ont contribué à ce projet, qui montre, après les fiches métiers, que le collectif ORME a de beaux jours devant lui.

Je voudrais profiter de ces brèves, pour remercier tout particulièrement Ghislaine Pech-Olivo et Stéphane Lauret, qui par leur abnégation et leur disponibilité ont porté ce projet, et ont su tirer le collectif vers le résultat obtenu.

Un bel été à toutes et à tous, afin de vous retrouver en pleine forme en Septembre à l’occasion du congrès et de notre assemblée générale.

Bien cordialement.

Gabin GINDRO

Secrétaire général

Le site de la self s’est transformé. L’adhésion en tant que membre de la SELF se fait maintenant à travers un formulaire en ligne.

Le parrainage reste une des conditions nécessaires pour qui souhaite devenir membre actif.

Vous connaissez des collègues qui seraient susceptibles de nous rejoindre, proposez votre parrainage et participez à rendre notre association à l’image de ceux qui pratiquent l’ergonomie quotidiennement…

Véronique POETE
Déléguée aux candidatures
candidature@ergonomie-self.org

Ça y est !! Nous touchons enfin au but et le nouvel outil de la SELF est enfin en ligne après un long, mais nécessaire, processus de définition du besoin et de conception (cf. description de Fabrice Bourgeois dans l’éditorial). Un grand merci encore à tous celles et ceux, qui ont œuvré au sein du précédent et du nouveau CA, sur ce projet !
La parole est à vous maintenant comme le dit Fabrice en conclusion de son texte.

En ce début d’année 2016, le CA de la SELF a souhaité lancer un nouveau projet d’envergure : la refonte de la structure des congrès. (suite…)

Du nouveau en communication.

Le nouveau site de la SELF a été mis ligne au début de cette année. Comme toute refonte d’un média, il a l’ambition d’être plus fonctionnel, plus agréable, plus rapide dans la diffusion d’informations, plus propice aux échanges, plus facilitateur de proximité… En tout cas c’est notre vœu le plus cher. Et c’est à vous de nous faire savoir, par votre usage et en nous faisant connaître vos commentaires, si l’objectif est atteint.

Nous avons souhaité, pour cet éditorial, vous raconter le fil conducteur qui a amené le CA à prendre la décision de consacrer à cet outil une ligne budgétaire importante et peu ordinaire dans la vie de la SELF. En effet, le premier et précédent site (suite…)

Les statuts de la SELF prévoient le renouvellement graduel du Conseil d’Administration. Ce renouvellement se fait par tiers. Cette année, sur les 12 membres du CA, deux arrivent à terme de leur mandat. Pascal Etienne arrive au terme de son second mandat et n’est pas rééligible. Adelaide Nascimento arrive au terme d’un premier mandat régulier de trois ans : elle est rééligible si elle décide de poser à nouveau sa candidature.

Afin de veiller à la représentativité du conseil, il est de tradition de rappeler la composition du Conseil actuel et certaines des déclinaisons qui caractérisent ses membres :

Au total, le Conseil comporte cette année cinq universitaires, quatre consultants en pratique privée, trois collègues travaillant en institution.
Nous lançons donc un appel à candidatures aux postes d’administrateur (pour mémoire : deux postes à pourvoir et un administrateur actuel rééligible). Sont éligibles à cette fonction les membres actifs de la SELF et les administrateurs qui ne sont pas dans la période de non-rééligibilité consécutive à un mandat. Il est primordial que la diversité des candidats permette de désigner un Conseil d’Administration pouvant légitimement représenter les différentes sensibilités présentes parmi les membres de l’association.

Les membres qui souhaitent faire acte de candidature devront adresser une lettre de motivation par courrier régulier ET par courrier électronique au Secrétaire général de la SELF :

Gabin GINDRO
ERGOnova
9, rue Clément, 33000 Bordeaux
gabin.gindro@ergonomie-self.org

Les lettres devront parvenir au Secrétaire Général au plus tard le 1er juin 2016 (cachet de la poste faisant foi). Elles seront publiées dans le bulletin de juillet de la SELF. Compte tenu de la suppression du pré vote (AG du 25 septembre 2003), aucune candidature ne sera acceptée après cette date.
Le déroulement du vote se fait par courrier. Le scrutin sera clos le 16 septembre 2016 à minuit (cachet de la poste faisant foi). Le dépouillement du vote et la proclamation des résultats seront effectués au cours de l’assemblée générale.

Le Conseil d’Administration joue un rôle décisif, à partir des orientations définies à l’Assemblée Générale, dans la mise en œuvre des choix prioritaires de l’association. En témoignent, par exemple, les actions en cours menées par le Conseil actuel autour de la politique internationale de la SELF, de l’insertion dans un cadre associatif européen, des orientations en matière de publications et d’information, de la vie régionale de la SELF, de l’amélioration des échanges et de la démocratie au sein de l’association…
La contribution de chacun aux activités de la SELF peut prendre diverses formes : animation de commissions, délégations spécifiques, participation au Bulletin de Liaison, organisation du congrès annuel, etc. Les contributions de cette nature seront de plus en plus encouragées pour faire vivre l’association et lui assurer une visibilité et une influence plus grande.
L’engagement au CA de la SELF implique certes une certaine disponibilité et induit pour chacun une charge supplémentaire, mais l’ampleur des enjeux actuels est telle qu’il s’agit là d’un bien petit prix à payer pour participer activement à la mise en œuvre des orientations de l’association, à son développement, à son avenir.

Gabin GINDRO
Secrétaire Général de la SELF

Ergonomie et créativité, une opportunité pour l’ergonomie de l’activité ?

En quelques mois, pas moins de cinq symposiums ou conférences viennent de se tenir sur la thématique de l’ergonomie (ou du travail) et de la créativité (1). Cette conjonction d’initiatives convergentes nous interroge : pourquoi un tel foisonnement maintenant ? Quelle opportunité cette notion de créativité présente-t-elle pour l’ergonomie ? Elle nous conduit aussi à tenter une première synthèse des réflexions qui sont menées aujourd’hui sur cette thématique de la créativité et de l’ergonomie. Il s’agit enfin de débattre des suites qui pourraient y être données par la communauté des ergonomes, notamment au sein de la SELF.

En effet, au-delà de la coïncidence de ces initiatives, le fait qu’autant de débats aient lieu en même temps, sur des questions diverses mais reliées entre elles par ce fil directeur de la créativité dans le travail et dans son analyse par l’ergonomie ou par d’autres disciplines du travail, est important. De nombreux aspects de la mise en œuvre de la créativité sont abordés dans l’ensemble des communications qui sont intervenues dans les différents symposiums : la conception d’objets, d’espaces de travail, la conception d’organisations du travail, les méthodes de créativité en vue de la diffusion de messages en direction de clientèles d’entreprises privées ou d’usagers des services publics, les initiatives à prendre par les ergonomes sur le plan de leurs relations avec les acteurs de l’entreprise, la place de la créativité en rapport avec les exigences qui se posent aux ergonomes sur le plan éthique… (et cette liste n’est pas exhaustive). Cet ensemble de communications et les problématiques qu’elles soulèvent ne peuvent nous laisser indifférents.

En outre, de nombreux ergonomes francophones et / ou ergonomes tenants de l’ergonomie de l’activité ont contribué à ces débats par des communications originales (2), non publiées à ce jour (3), à l’exception de l’introduction au symposium proposé par la Fédération européenne des sociétés d’ergonomie (FEES) et de quelques résumés lors du dernier Congrès de la SELF (4).

Cette multiplication de débats est, pour partie, liée à la préparation du prochain congrès de l’IEA sur cette thématique (« Creativity in practice »), organisé par la Société italienne d’ergonomie (SIE), laquelle a proposé à différentes sociétés d’ergonomie d’être associées à cette préparation. Dans ces conférences, les questions qui ont émergé nous paraissent être les suivantes : le concept de créativité dans le champ du travail et de l’ergonomie est polysémique et il doit aussi être compris dans un sens large : il est lié à d’autres concepts tels que ceux d’innovation, d’invention, de sérendipité, de mètis, de résilience, de catachrèse et de vicariance.

La créativité, pour certains ergonomes, ouvrirait de nouvelles perspectives pour la discipline, celle d’une « ergonomie prospective », au-delà des limites identifiées d’une ergonomie de correction ou de conception. Sans aller jusqu’à la définition d’une nouvelle forme d’ergonomie, il nous semble que les demandes adressées par les designers ou les tenants de l’innovation à l’ergonomie doivent être prises en considération. Mais la créativité doit être référée aux principales contraintes et potentialités du travail, aux conditions sociales et économiques dans lesquelles il s’exerce, aux technologies et artefacts qui sont mises en œuvre, aux capacités physiques et cognitives des opérateurs, aux identités et cultures professionnelles.

Les méthodes de l’ergonomie sont également traversées par la question de la créativité. Dans l’intervention ergonomique, la créativité est à l’œuvre aussi bien pendant le travail de la demande que pendant le travail d’enquête de terrain ou au moment de la proposition de solutions : la créativité peut être un appui pour développer de nouvelles méthodologies, de nouvelles techniques d’intervention.

Les objectifs de l’ergonomie devraient être revisités à la lumière de la créativité, c’est-à-dire par la mise en évidence ce processus de créativité dans les différentes dimensions de l’activité des ergonomes eux-mêmes : la production de connaissances sur le travail, le rôle des ergonomes individuellement ou collectivement (cf. le rôle de lanceurs d’alerte que la SELF a pu jouer dans le domaine des RPS ou plus récemment de l’avenir des institutions représentatives du personnel), la définition de nouveaux moyens d’action, de communication…

La créativité pourrait aussi être mise à contribution pour expliciter ce que les ergonomes montrent depuis bien longtemps : comment les travailleurs régulent et élaborent des modes opératoires qui leur permettent de travailler et de faire face aux aléas. La mise à contribution de cette notion de créativité peut-elle permettre de mettre en évidence que les initiatives prises sur le terrain par les opérateurs pour assurer la performance et la résilience des systèmes, pour combler – partiellement ? – le déficit d’innovation que l’on constate dans beaucoup d’entreprises constituent de réelles innovations. Une telle démarche pourrait-elle être en partie une réponse à l’injonction répétée par les managers « soyez créatifs, soyez innovants !» sans qu’ils ne donnent en même temps aux salariés les moyens de mettre en œuvre cette injonction, sans prendre en compte ces exigences dans les prescriptions ou les directives adressées aux opérateurs ? De ce point de vue, la recherche de créativité peut être un piège si elle n’est pas référée aux exigences de santé et de développement personnel des opérateurs.

Il nous semble qu’il est nécessaire de se donner les moyens de prolonger et d’organiser ces discussions au sein de l’ergonomie francophone. Certes, des initiatives sont en chantier dans le cadre de FEES (5). Mais il serait dommage que la SELF reste à l’écart d’une dynamique qui est à l’œuvre, avec des initiatives qui lui soient propres. Avec quels objectifs ? Selon quelles modalités ? Selon quels rythmes ?

Le débat est ouvert.

Pascal ETIENNE

Président de la SELF

(1) Se sont tenus, en effet :

(2) Les différentes communications d’ergonomes francophones que nous avons recensées sont les suivantes : Sylvain Biquand : Ergonomics and creativity ; Christian Blatter : le processus d’innovation en entreprise : quelle contribution des ergonomes et autres acteurs des SHS à la SNCF ; Nathalie Bonnardel : Comprendre les activités créatives et les favoriser ? Approches cognitives et ergonomiques ; François Daniellou : L’obscure créativité de l’activité de travail ; Pascal Etienne : Ergonomics in front of the creativity in the future work ; Corinne Gaudard : Temps, activité, créativité ; Julien Nelson : Apport des techniques de créativité pour l’ergonomie prospective ; Moustafa Zouinar : L’ergonomie face aux enjeux éthiques soulevés par les innovations technologiques informatiques récentes.

(3) Les présentations Powerpoint en anglais des symposiums de Lisbonne (FEES) et de Paris (FEES / SELF) sont disponibles sur le site de FEES: http://ergonomics-fees.eu

(4) Etienne P. et Leduc S. : Ergonomie et créativité, Actes du 50ème Congrès de la SELF.

(5) cf. l’article « Echos du Conseil de FEES» dans le présent numéro.

A l’issue du 50ème congrès de la SELF, les membres du CA souhaitent prononcer un grand merci à l’ensemble des organisateurs, et tout particulièrement à Sandrine Caroly et Alexandre Morais qui ont su éteindre le feu quand il le fallait… pour tenir l’organisation d’un congrès réussi à tous les points de vue.

Comme de coutume, à l’issue d’un congrès, vient l’annonce du prochain, qui aura lieu sous la lumière chatoyante de Marseille les 21, 22 et 23 Septembre 2016 et sera organisé par l’association ERGO PACA. Ce 51ème congrès de la Self proposera de faire le point sur l’ergonomie et le métier d’ergonome engagés dans des transformations multiples (sociales, économiques, académiques, scientifiques…). L’appel à communication a été lancé et il est consultable sur le site de la SELF.

Les membres du CA de la SELF sont d’ores et déjà à pied d’œuvre avec les organisateurs, pour faire de ce congrès dans la cité Phocéenne, un événement majeur de l’année 2016.

A l’issue des congrès et de notre AG, arrivent également les changements dans la composition du CA, au gré des collègues ayant terminé leur mandat. Cette année, trois membres du CA, Dominique Baradat, Franck Chabut et François Hubault, sont arrivés au terme de leur mandat ; au nom de notre communauté, je tiens à leur adresser nos remerciements pour leur investissement dans nos travaux ces dernières années.

Dominique et Franck ne m’en voudront pas si j’insiste plus longuement sur François qui est un « cumulard »… Il vient en effet de terminer son deuxième mandat de 6 ans au sein du CA de notre société : encore un grand merci pour cet investissement et pour ces dernières années passées en ta compagnie au sein du bureau… et pour l’intérêt que tu porteras encore à la vie de la SELF !

Je profite également de ces brèves pour adresser un message de bienvenue aux nouveaux membres du CA, élus dans le cadre de l’assemblée générale du 24 Septembre dernier, à savoir : Béatrice Barthe, Gabriel Carballeda et Eric Liehrmann.

Egalement, toutes mes félicitations et mes encouragements à Pascal Etienne,  Véronique Poète et Julien Nelson qui deviennent respectivement nouveau président de la SELF, nouvelle trésorière de la SELF et nouveau vice-président aux affaires internationales.

L’arrivée de ces nouveaux membres et ces modifications au sein du bureau concordent avec l’entrée de la SELF dans un nouveau mode de fonctionnement avec la livraison prochaine de notre nouveau système d’information, dont vous avez pu voir les prémices lors du dernier congrès. Toute l’énergie du CA est actuellement tournée vers la finalisation de ce nouvel outil, afin qu’il puisse être mis en service dans les semaines qui arrivent.

L’ensemble des commissions est également en mouvement afin de préparer l’année 2016.

Ainsi la commission Jeunes Pratiques en Réflexions vient d’organiser sa 3ème journée de travail cette année, et va pouvoir nous présenter un premier bilan de ses travaux.

La commission RP2 (fusionnant la Commission Prévention des risques professionnels et le groupe mis en place pour l’organisation de la journée du 24 juin (« ergonomes et représentants du personnel »), sous la houlette de Gabriel Carballeda et d’Eric Liehrmann, repart dans une nouvelle dynamique avec l’organisation d’une journée d’échange le 27 janvier prochain à l’IUT de Bordeaux. Cette journée rassemblera des institutionnels locaux (DIRECCTE, ARACT, CARSAT, MSA), des professionnels préventeurs et ergonomes, et des entreprises. L’objectif sera de mettre en débat les questions d’évolutions de la réglementation (pénibilité, Rebsamen) avec les outils et méthodes à dispositions pour y répondre (comme les aspects quantitatifs, la mesure, etc.). A l’issue cette journée, la commission tentera de généraliser/transférer cette journée et son organisation à d’autres régions avec le même système, voire… les mêmes thèmes. Dans le même temps, cette commission assure le suivi de la journée du 24 juin en préparant de nouvelles initiatives sur la thématique « Ergonomie et représentants du personnel » : rencontres avec les partenaires sociaux et les associations, organisation de prise de positions publiques et de documents pédagogiques, préparation d’une nouvelle journée de réflexion en juin 2016 et d’un symposium dans le cadre du prochain congrès de la SELF,…

Enfin, le conseil d’administration a décidé d’engager une réflexion approfondie sur l’organisation de nos congrès : un groupe de travail va être mis en place sous la conduite de Béatrice Barthe, Adelaïde Nascimento et René Patesson, avec la contribution attendue des organisateurs des congrès passés et futurs qui seront sollicités sur leurs bilans et préconisations.

Bien cordialement

Gabin GINDRO
Secrétaire général

1. Depuis plusieurs mois, une discussion a commencé dans l’espace public au sujet des projets de réforme du dialogue social. Le conseil d’administration de la SELF est intervenu dans ce débat en février 2015 et a publié deux déclarations structurées autour des points tels que le nécessaire maintien des principes d’une intervention des représentants du personnel sur la question du travail et une ouverture quant aux modalités de cette intervention. La communauté des ergonomes était appelée à prendre position dans ce débat. De nombreuses réactions et des initiatives multiples en ont résulté, attestant d’une réelle mobilisation sur ce sujet. Une journée d’études rassemblant la plupart des intervenants concernés a été organisée par la SELF le 24 juin 2015 à Paris.

2. Aujourd’hui, la « loi Rebsamen » est promulguée : elle ouvre la possibilité d’une fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises mais beaucoup de ses modalités d’application sont encore à définir. Par ailleurs le débat se poursuit sur une réforme plus globale du Code du travail, jugé «illisible » ou « obèse », y compris par ceux-là même qui ont contribué depuis plusieurs décennies à le définir. Le renvoi à des modalités de mise en œuvre des droits des salariés par une négociation décentralisée dans les branches ou les entreprises pourrait être la voie privilégiée.

3. Dans un tel contexte, la SELF tient à réaffirmer quelques points forts qui s’appuient sur l’expérience accumulée depuis plusieurs décennies par l’ensemble de la communauté des ergonomes à la fois dans leurs interventions en milieux de travail et dans la formalisation de connaissances scientifiques sur ces milieux :

  • les représentants du personnel et les représentants au CHSCT tout particulièrement contribuent, comme instance d’alerte et d’instruction sur la prévention des risques et la santé au travail, à la mise en évidence du travail réel, et à l’amélioration des conditions du dialogue social. En effet l’intervention de l’instance CHSCT est une ressource à la fois pour l’entreprise et pour les salariés, car elle permet d’instruire les questions liées à la santé au travail, à la fiabilité des systèmes techniques et à la performance globale de l’entreprise ;
  • au fil des années, le CHSCT a acquis une reconnaissance dans le champ spécifique de la relation essentielle entre le travail réel et la santé au travail. Il est parvenu à un statut de construction sociale efficace si un certain nombre de conditions sont réunies, notamment : la formation des élus, un travail dans la durée, la construction de projets avec divers interlocuteurs,… ;
  • il est important que le pouvoir d’agir des représentants du personnel et l’intervention des ergonomes s’appuient sur des bases légales. Le renforcement de ce pouvoir d’agir par différents moyens d’expertise dont bénéficient les CHSCT est une réalité qui contribue à un rééquilibrage des forces en présence pour ces représentants vis-à-vis des directions d’entreprise. Dans certains secteurs, notamment tertiaires, le CHSCT est la seule instance compétente ou au moins présente sur la question de la santé, sécurité et prévention des risques ;
  • l’évolution de l’ensemble du contexte social et les différents projets de réforme législative posent question pour l’action sur la santé au travail ou sur le travail en général. En effet dans ces projets, le développement des compétences des institutions représentatives du personnel (IRP) ou de leurs moyens d’action ne sont pas au centre des préoccupations. Le plus souvent ces projets affichent des objectifs de simplification, de rationalisation, de recherche d’efficacité, sans prendre en compte la réelle contribution de ces instances pour l’entreprise, notamment la valeur opérationnelle et positive de leurs actions dans le domaine de la santé au travail et plus largement sur la question du travail ; la question de la démocratie dans le travail (le rôle des IRP) et au sujet du travail (l’intervention des salariés) est pour ainsi dire laissée à l’écart dans le débat actuel ;
  • les changements envisagés dans les modalités de constitution du CHSCT et de son fonctionnement (Délégation Unique du Personnel étendue aux entreprises de moins de 300 salariés, consultation unique, nombre d’heures de délégation réduit…) pourraient aboutir à une densification et une condensation des mandats des représentants du personnel avec le risque d’un affaiblissement des pouvoirs d’agir des CHSCT, par exemple avec la réduction du nombre de réunions du CHSCT ;
  • la question de la mise en cohérence des approches au sujet du travail (économique, conditions de travail, articulation entre subjectivité des individus et action des collectifs de travail…) se pose effectivement. Alors que les expériences qui croisent actions du CE et du CHSCT se développent et montrent souvent l’intérêt et la complémentarité des approches des instances, la volonté affichée de lutter contre l’empilement des actions, par leur fusion et par la consultation unique risque d’aboutir à l’effet contraire ;
  • d’autres propositions de réforme ont été avancées (dans le rapport de Pierre-Yves Verkindt ou dans l’étude pour l’ANACT coordonnée par Bernard Dugué), par exemple une représentation du personnel renforcée avec une formation accrue (formations qui peuvent s’adresser à l’ensemble des acteurs du CHSCT : directions et représentants du personnel), des moyens adaptés, une application effective du droit en particulier en ce qui concerne la consultation lors de projets importants, un renforcement des liens avec les acteurs de la santé et de la prévention, une meilleure coordination des différentes instances de représentation du personnel… Ces pistes devraient être explorées à nouveau et enrichies. Nous poursuivrons la réflexion avec la communauté des ergonomes et les praticiens ancrés dans les réalités du travail pour proposer des modalités de travail constructives avec les représentants du personnel.

4. La SELF appelle donc l’ensemble de ses adhérents à poursuivre leur implication dans le débat social sous différentes formes (interpellation du CA de la self, organisation de journées d’études, participation à des forums, rencontres avec des représentants des différentes institutions concernées,…) en rappelant le point de vue de l’ergonomie et en mettant la question du travail et du pouvoir d’agir des opérateurs au centre des débats en cours.

 

Le Conseil d’administration de la SELF,
Paris, le 17 Septembre 2015