Michel Neboit vient de nous quitter à l’âge de 83 ans ce lundi 20 octobre 2025.
Michel Neboit a fait des études de psychologie. Il a d’abord travaillé sur les problèmes d’apprentissage des mathématiques et de la physique destinés à des élèves de centres de formation professionnelle. Embauché en 1971 comme chercheur au Laboratoire de Psychologie de la Conduite de l’ONSER (qui deviendra l’INRETS), il a travaillé sur les problèmes d’apprentissage de la conduite automobile, ce qui l’a amené à analyser la tâche de conduite et son apprentissage, en s’intéressant en particulier à la prise d’information dans la conduite automobile et à l’évolution des stratégies visuelles (dont témoignent les mouvements oculaires) du conducteur.
Il a rejoint en 1984, le Centre de Recherche de l’INRS à Nancy comme Chef du Service Ergonomie- Psychologie- Sociologie au sein du Département Ergonomie et Sécurité dirigé par Jean-Jacques Vogt. Il a alors abordé l’ergonomie en entreprise et renforcé les recherches sur l’analyse psycho-ergonomique des problèmes posés par l’informatisation et l’automatisation.
Il a pris la direction du Département Homme au Travail en 1999 qui comportait des ingénieurs, des médecins, des physiologistes, des psychologues, des ergonomes, un département multidisciplinaire regroupant des sciences de l’Homme au travail. Il a ainsi pu s’engager sur des projets et thématiques de recherche qui visaient à intégrer la prise en compte des connaissances de l’ergonomie au cours de la conception des outils, des équipements, des installations et des situations de travail. Avec cette entrée, son laboratoire a pu proposer, au sein des systèmes de prévention, des processus d’ « intégration de la prévention dès la conception ».
Il s’est aussi intéressé à la charge mentale et à la charge psychique de travail, en particulier dans le cadre de restructurations, d’implantations de nouvelles technologies, de nouvelles organisations. Ce qui l’a amené, dans le cadre de l’INRS, à travailler sur le stress au travail. Il a publié avec Michel Vézina en 2003 chez Octarès « Stress au travail et santé psychique ».
Michel Neboit a été membre du conseil d’administration de la SELF et son président de 2004 à 2009.
La SELF présente ses plus sincères condoléances à la famille de Michel.
Ses funérailles auront lieu le samedi 25 octobre 2025 à Saint-Dié-des-Vosges (88100)
L’entretien de Michel Neboit par la commission histoire de la SELF : https://ergonomie-self.org/wp-content/uploads/2016/07/Michel-Neboit.pdf
Les hommages que vous souhaitez rédiger sont à transmettre à Francis Six (francis.six@univ-lille.fr) qui les rassemblera en vue de leur publication sur le site de la SELF. Ils seront transmis à la famille de Michel Neboit.
Nous apprenons le décès de Jacques Lorig, survenu le 26 août à Cavaillon (Vaucluse), à l’âge de 88 ans.
La SELF présente ses condoléances à ses proches.
Jacques Lorig, né en 1937, a d’abord travaillé comme ouvrier dans la réparation d’ascenseurs. En 1971, syndicaliste cégétiste, il bénéficie d’une bourse DGRST[1] pour étudier l’ergonomie au CNAM. Il fonde ensuite le premier cabinet d’ergonomie à Marseille. C’est sur les encouragements d’Alain Wisner – entre autres – qu’il crée La revue des conditions de travail. Très vite, des demandes lui furent adressées afin que soient également publiés des ouvrages, destinés à nourrir la réflexion sur des thèmes plus spécialisés et de manière plus approfondie que ne peuvent le faire les articles d’une revue. C’est ainsi que Jacques Lorig créa, en 1987, la maison d’édition Octarès. Ce nom constituait alors un acronyme signifiant “Optimisation des conditions de travail appliquée à la recherche et à la sécurité”. La revue et l’édition Octarès furent ensuite reprises respectivement par Marie Christol (la revue deviendra Performances humaines et techniques) et par Jean Christol, qui fait vivre Octarès Éditions depuis avril 1991. Lors de cette reprise d’Octarès, quatre titres figuraient au catalogue : Traité d’ergonomie, par Pierre Cazamian ; Le travail posté, chez nous et ailleurs, par Ingrid Grunstein et Pierre Andlauer ; La prise de risque dans le travail, par Pierre Goguelin et Xavier Cuny ; Les facteurs humains de la fiabilité dans les systèmes complexes, sous la direction de Jacques Leplat et de Gilbert de Terssac.
Il enseigna l’ergonomie dans plusieurs établissements, et suscita parmi les étudiants des vocations d’ergonomes.
Quand arriva l’heure de la retraite, Jacques Lorig s’installa à l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), où il a déployé une intense activité sociale et culturelle.
[1] Délégation générale à la recherche scientifique et technique
Nous apprenons avec tristesse le décès, survenu le 04 septembre 2025, de René Baratta, réalisateur de films sur le travail et ergonome.
Les obsèques auront lieu le jeudi 11 septembre à 15 h 30 au Père Lachaise.
La SELF présente ses condoléances à ses proches.
Une journaliste de Santé et Travail[1] présentait ainsi le parcours de René Baratta : « Diplômé en sciences économiques, il a appris le montage lors d’un séjour de deux ans aux Etats-Unis et, avant de se lancer dans les images, a été employé dans des foyers de mères célibataires et de jeunes travailleurs. Une fibre sociale, un « goût du travail bien fait » que lui a transmis son père, peintre en bâtiment… rien d’autre ne prédestinait le jeune homme à devenir ce documentariste dont beaucoup reconnaissent la singularité. »
René Baratta décrit, lui, sa première rencontre avec des ergonomes[2] : « Moi, jeune réalisateur, je ne connaissais rien au travail. Michel Berthet et son collègue Joël Maline, jeunes ergonomes indépendants, ne connaissaient rien à la réalisation d’un film, et donc cette première rencontre ne s’est pas bien passée. Moi et mon équipe nous n’étions jamais au bon endroit, au bon moment, pour filmer le bon geste professionnel. Et eux étaient incapables de nous dire où et quand aurait lieu la prochaine action à filmer… Ce fut une vraie galère ! Mais cette expérience a aussi été pour moi une sorte de déclencheur, qui m’a poussé à m’intéresser à l’analyse du travail et à continuer de réaliser des films sur les situations de travail… »
En collaboration avec Francis Dupont, Jean-Marie Francescon et Damien Cru, il réalise en 1991 Aucun risque, paroles de compagnons – dont Damien Cru écrit le livret – qui restera sans doute son œuvre la plus célèbre. Il s’agit d’une analyse très fine des prises de risques dans le BTP, avec une mise en discussion, dans des groupes de compagnons, des idéologies collectives de défense.
Impossible de citer tous ses films[3], mais on peut mentionner Le nucléaire et l’homme – des images tournées en centrales nucléaires (ce qui est très rare), notamment sur le travail des prestataires –, film qui a scandé un colloque de deux jours sur les conditions de travail dans le nucléaire, organisé en 2002 par le Comité central d’entreprise d’EDF avec toutes les parties prenantes.
En 2006, René Baratta tourne pour la CFDT Intensification du travail et action syndicale, qui s’appuie sur les analyses conduites par des militants et rassemblées dans l’ouvrage Le travail intenable (Théry, 2006).
Outre ces commandes, René Baratta a développé à partir de 1997 une collaboration de longue durée avec Michel Berthet, alors à l’ANACT, réalisant des « films qui utilisent l’autoconfrontation collective comme un élément central de l’analyse des situations de travail »2. Il a publié plusieurs articles sur l’usage de la vidéo dans les recherches sur le travail.
Ce parcours l’a conduit, en 2002, à obtenir un DESS en ergonomie et conception des systèmes de travail, à devenir ergonome et à pratiquer notamment des expertises CHSCT.
Il aimait enseigner sur le thème « filmer le travail », et l’a fait dans plusieurs cursus de master d’ergonomie. Il a écrit, en lien avec ces enseignements, un texte « Éloge du plan de coupe et de l’imprévu »[4].
Parallèlement à son engagement professionnel, René Baratta a développé une activité cinématographique en lien avec l’Italie, pays d’origine de ses parents. Citons en 2013 les deux films réalisés avec Giovanna Marini, célèbre chercheuse en ethnomusicologie, qu’il a mis en ligne en mai 2025. En 2017, réalisation du film « Sur les traces de l’immigration italienne : histoires françaises », mettant en valeur les chants de l’émigration, en suivant le travail d’une chorale. En 2019, il a préparé un projet sur la période du fascisme et de la résistance, mais le faible nombre d’anciens du village ne lui a pas permis de le conduire à son terme. Toutefois, en 2021 il est parvenu à réaliser un film sur l’histoire de son village d’origine, Villar Dora.
René Baratta a été membre de la SELF. Il laisse le souvenir d’un homme exigeant, curieux, créatif et jovial.
[1] Quéruel, N. (2009). René Baratta, artisan des images du travail, Santé et Travail, octobre 2009.
[2] Introduction par R. Baratta de l’entretien de la commission histoire de la SELF avec Michel Berthet berthet-michel.pdf
[3] Sa fiche à la Bibliothèque nationale de France comporte 55 œuvres.
[4] Baratta, R. (2012). Eloge du plan de coupe et de l’imprévu. Revue Ethnographiques.org, 25.
« Littérature, management et travail » vient de paraître aux éditions l’Harmattan, sous la direction de Fabien De Geuser, Rebecca Dickason et Alain Max Guénette. Cet ouvrage se compose de deux tomes.
- Tome 1 – Management et travail : complexité, tensions et mutations, au prisme de la littérature
- Tome 2 – La littérature comme révélateur du travail réel et de l’expérience intérieure du management : trajectoires temporelles, spatiales, (im)matérielles et de transformations
Le projet éditorial : Littérature, management et travail est le troisième volume de la série « Littérature et Management » qui explore la manière dont la littérature représente les organisations et le monde du travail pour en enrichir la compréhension, offrir une lecture renouvelée des questions du travail et du management, mais aussi alimenter les enseignements et la formation. Le postulat de cette série est que le détour par la littérature permet d’ajouter aux perspectives classiques sur le travail et son organisation des grilles de lectures esthétiques, linguistiques, stylistiques, émotionnelles, créatrices ou imaginaires qui peuvent contribuer à renouveler les pratiques managériales. Intégrer les arts et les humanités dans le management et l’analyse du travail et des organisations est essentiel aujourd’hui. La littérature, depuis la poésie jusqu’à la science-fiction, en passant par le roman, le théâtre ou même la BD, donne à ses lecteurs les moyens de revisiter les cadres organisationnels et de faire résonner la subjectivité de l’expérience du travail.
À tous·tes les membres de la communauté d’ergonomie,
La Self s’inscrit dans un paysage associatif francophone en constante évolution. Dans ce contexte, nous souhaitons engager une réflexion collective sur l’avenir de notre association, sa place au sein de la communauté, et les formes de lien qu’elle peut entretenir avec les différents·es acteur·ices de l’ergonomie, qu’iels soient étudiant·es, professionnel·les, chercheur·euses ou intervenant·es, membres ou non membres de l’association.
C’est dans cette perspective que nous vous invitons à répondre à une enquête visant à mieux comprendre vos attentes, les freins éventuels à l’adhésion, ainsi que les pistes d’amélioration souhaitées.
Cette démarche s’inscrit également en écho à la thématique du congrès 2025, « Ergonomie, communauté(s) et société : entre héritages et perspectives », qui invite à penser collectivement ce que faire communauté signifie aujourd’hui pour nous, ergonomes.
Vos réponses, anonymes, nous aideront à penser les évolutions de l’association !


Un grand merci pour votre participation à cette réflexion commune et au plaisir de vous retrouver lors du congrès qui se tiendra du 2 au 4 juillet 2025 à l’Université Paris Nanterre !
Le Conseil d’Administration de la Self
La Commission Histoire de la SELF vous informe de la publication du recueil d’hommages suite au décès le 18 mars 2025 de François Guérin.
Nous avons le plaisir de vous informer que les inscriptions pour le Congrès de la SELF 2025 sont désormais ouvertes ! Rejoignez-nous du 2 au 4 juillet 2025 à l’Université Paris-Nanterre.
Avec près de 120 communications orales, 12 symposiums et 7 ateliers et tables rondes, le programme du Congrès de la SELF 2025 s’annonce riche, diversifié et passionnant !
Pour les auteurs et autrices des contributions acceptées (communications orales, ateliers et tables rondes, symposiums) : l’inscription devra être faite avant le 15 avril 2025 pour confirmer la programmation de votre contribution au congrès.
Restez connecté·es et n’hésitez pas à diffuser l’information autour de vous !
Nous nous réjouissons de vous retrouver bientôt !
Le Comité d’Organisation

Créé en 2006 dans le prolongement du Technical Committee « Gender and Work » de l’International Ergonomics Association, le Groupe Genre, Activité, Santé (GAS), rassemble des chercheur·euse·s, des praticien·ne·s et des étudiant·e·s d’horizons variés partageant un intérêt commun pour une analyse genrée du travail.
Son objectif ?
Intégrer les dimensions de sexe et de genre dans l’analyse du travail et la transformation des activités professionnelles, afin de mieux comprendre et d’agir sur les inégalités qui peuvent se manifester dans la répartition des tâches et avoir un impact sur la santé. Les travaux du groupe GAS montrent, par exemple, comment les femmes et les hommes sont exposé·e·s à des dangers différents, élaborent des stratégies opératoires distinctes ou subissent des contraintes spécifiques liées aux stéréotypes de genre.
Concrètement, le groupe GAS :
- Contribue à la mise en place d’actions de prévention, de formation et de sensibilisation.
- Organise 2 à 3 séminaires par an, moments d’échange autour de recherches, de retours d’expériences de terrain et de projets d’intervention.
- Participe et contribue à des symposiums dans le cadre des congrès de la SELF et de l’IEA, et organise également des événements comme, en 2024, le colloque
Notre prochain évènement est le colloque « Transition écologique et genre : quelles transformations du travail ? » :
Une invitation à découvrir et à participer
Nous invitons vivement les membres de la SELF à nous rejoindre pour découvrir (ou développer) cette thématique, échanger sur nos pratiques respectives, et contribuer à une ergonomie toujours plus attentive aux enjeux soulevés par l’analyse genrée des activités de travail.
Pour en savoir plus sur le GAS, visitez notre site web :
Les coordinatrices du groupe GAS, Isabelle PROBST et Fabienne GOUTILLE
Photo mise en avant : Barros, C., Cunha, L, & Santos, M. (2015). Maladies professionnelles au Portugal : contribution d’une approche de genre contextualisée à l’analyse des conditions de travail à un niveau local. Communication à la Conférence Internationale Femmes, Santé et Travail « Partager connaissances et expériences pour améliorer les conditions de travail des femmes et renforcer l’égalité », Bruxelles, ETUI, 4-6 mars.
Nous apprenons avec une grande tristesse le décès, le 18 mars 2025, à 82 ans, de François Guérin. La SELF présente toutes ses condoléances à son épouse Michèle et à sa famille.
Les obsèques auront lieu le 28 mars à 11 h au crématorium de Saran (Loiret – 1251 rue de Pimelin, 45770 Saran). Une cérémonie d’hommage sera organisée ultérieurement à Lyon.
La commission histoire de la SELF va rassembler et publier les hommages écrits en son honneur. Vous pouvez adresser vos textes à pro.f.daniellou@orange.fr
François Guérin est né en 1943 dans le Loiret. Il obtient en 1962 le CAP de mécanicien en instruments de bord et est immédiatement recruté au Centre d’essais en vol de Brétigny-sur-Orge. Après son service militaire comme volontaire en Algérie (1964-1965), il retrouve son poste. C’est là qu’il est repéré en 1966 par un jeune ingénieur qui y faisait son service militaire, Alain Berthoz. Ce dernier l’invite à le rejoindre au Laboratoire de physiologie du travail du CNAM, dont Alain Wisner venait de prendre la direction.
Dans un premier temps, il travaille comme technicien dans l’équipe de Berthoz, en commençant par le dépouillement des mesures de vibrations dans les locomotives (dans le cadre d’une recherche demandée par la CGT).
Après mai 1968, François Guérin quitte l’équipe Berthoz, pour rejoindre celle d’Antoine Laville – où Jacques Duraffourg venait d’être recruté. Il suit les enseignements de la chaire de physiologie du travail et ergonomie, et obtient le titre d’ergonomiste CNAM. A. Wisner demande à F. Guérin, J. Duraffourg, F. Jankovsky et J.C. Mascot de former une « équipe d’intervention », chargée de développer les méthodes d’analyse du travail. Les interventions s’enchaînent : SEB, Agence France-Presse… Elles donnent lieu au développement des « Travaux pratiques B », les TP B – dont de nombreux témoins interrogés par la commission histoire mentionnent le rôle dans leur parcours professionnel.
François Guérin, avec ses collègues, participe à de nombreuses interventions ou formations demandées par des organisations syndicales, tant CGT que CFDT.
En 1986, Pierre-Louis Rémy, directeur de l’ANACT, recrute F. Guérin, et le nomme peu après directeur technique et scientifique. Dans le cadre du principe de « modernisation négociée » en vigueur à l’époque, il participe notamment à la conception des nouvelles imprimeries du Monde et du Figaro, avec ses collègues du CNAM et de l’EPHE.
En 1991, il est le premier auteur de Comprendre le travail pour le transformer[1], qui sera traduit en portugais (Brésil), en anglais et en espagnol.
En 1993, il devient directeur général adjoint de l’ANACT – qui quitte bientôt Montrouge pour Lyon. Il est notamment chargé d’une mission de synthèse sur l’organisation du réseau de l’ANACT et des ARACT. En 1995, soucieux de renforcer les liens de l’Agence avec la recherche, il obtient la création du comité scientifique de l’ANACT. Lui-même participe aux comités scientifiques du Centre de recherche sur l’âge et les populations au travail (CREAPT), et de l’INRS. Impossible de citer ici tous les sujets sur lesquels il a travaillé, mais il faut notamment mentionner plusieurs actions avec la SNCF.
Après sa retraite en 2006, il maintient une activité de consultant, et s’implique dans l’association Moderniser sans exclure fondée par Bertrand Schwartz. Dans la perspective de donner une suite à Comprendre le travail pour le transformer, il met en chantier l’écriture de l’ouvrage collectif Concevoir le travail, le défi de l’ergonomie, paru chez Octarès en 2021[2].
L’entretien de François Guérin réalisé par la commission histoire de la SELF est à (re)découvrir.
Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et mouvement social lui a consacré une longue notice.
[1] Guérin, F., Laville, A., Daniellou, F., Duraffourg, J. et Kerguelen, A., (1991). Comprendre le travail pour le transformer, la pratique de l’ergonomie, ANACT Editions, nouvelles éditions 1997 et 2006.
[2] Guérin, F., Pueyo, V., Béguin, P., Garrigou, A., Hubault, F., Maline, J., Morlet, T., (2021). Concevoir le travail, le défi de l’ergonomie, Toulouse : Octarès Éditions.
Depuis quelque temps, en particulier à la suite de la création en 2023 du Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (Fipu), une appellation surprenante rassemble les contraintes liées au travail manuel et connues comme porteuses de risques pour la santé à long terme : manutentions de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques. Plusieurs textes, dont celui fondateur du Fipu, les dénomment « risques ergonomiques ».
Pour la communauté des ergonomes, cette nouvelle formulation officielle « risques ergonomiques » est un contresens dangereux pour la prévention.
La Société d’Ergonomie de Langue Française a rédigé une tribune à ce sujet dans Santé & Travail.