Ingénieur de formation, puis psychologue, René a d’abord été chercheur à l’Université libre de Bruxelles dans le laboratoire de Jean-Marie Faverge, qui l’a beaucoup marqué et dont il se sentait proche. Passionné d’informatique, qu’il pratiquait et enseignait, il devint à l’ULB professeur d’ergonomie appliquée à l’informatique, jusqu’à sa retraite.
Président de la SELF de 1992 à 1994, il a été l’organisateur ou co-organisateur de plusieurs congrès de la SELF et de colloques d’ergonomie se rapportant à l’informatique. Il participait activement aux colloques d’Ergo-IA et de l’AFIHM. Il fut aussi à l’origine de la création de la Belgian Ergonomics Society (BES). Enfin, il était membre de la commission Histoire de la SELF, ayant notamment la charge de mettre en ligne sur le site de la SELF les notifications et publications émanant de cette commission. Il y apportait son engagement et sa bonne humeur.
Pour plus d’informations sur sa carrière, on se reportera à l’entretien avec Michel Pottier en 2008. (Patesson-René.pdf).
La commission Histoire collecte et publiera un recueil d’hommages à sa mémoire. Si vous souhaitez écrire un texte, vous pouvez l’adresser à pro.f.daniellou@orange.fr .
Le prochain congrès de l’International Ergonomics Association (IEA) se tiendra à Londres du 23 au 25 août 2027, autour du thème : « The Human Advantage: Progress starts with people ».
Le comité technique « Activity Theories for Work Analysis and Design » (ATWAD) lance à cette occasion un appel à contributions. Les propositions peuvent notamment porter sur l’analyse du travail, la prévention des risques professionnels, la santé et la sécurité au travail, la conception, le développement durable ou encore les liens entre territoires et activité de travail.
Les propositions d’ateliers sont également les bienvenues.
Les soumissions sont ouvertes depuis le 1er juillet 2026 et seront closes le 1er novembre 2026. Un webinaire de questions-réponses est également proposé le 15 septembre 2026 à 16h00, heure de Londres, pour accompagner les personnes souhaitant soumettre une contribution.
Dates à retenir
* Clôture des soumissions : 1er novembre 2026
* Notification aux auteurs : 1er février 2027
* Remise des articles définitifs : 1er mars 2027
* Date limite d’inscription des auteurs : 1er mars 2027
* Congrès : 23 au 25 août 2027 à Londres
Les présidents du Comité technique de l’ATWAD, Leïla Boudra & Luciano do Valle Garotti seront ravis d’accueillir vos contributions et de vous offrir l’occasion de partager et de discuter de vos recherches, projets et expériences actuels avec la communauté internationale de l’ergonomie. Ils espèrent vivement que vous vous joindrez à eux lors du congrès pour présenter, discuter et diffuser vos travaux.
Plus d’informations, rendez-vous sur le site du congrès ci-dessous.
« Merveilleuse activité humaine – Propositions pour penser/transformer les champs de pratiques en champs de recherche » par Jean-Marie Barbier paru aux éditions Octarès.
Cette « merveilleuse activité humaine », transformation conjointe du monde et du sujet transformant le monde, est au centre du travail intellectuel de Jean-Marie Barbier. Dans ce livre posthume, il fait le lien entre plusieurs expériences et émotions de vie qui ont fondé son itinéraire personnel, social, professionnel, civique, intellectuelle et sa quête d’y apporter des clés de compréhension. Faisant suite à un ensemble d’autres publications s’inscrivant dans la même préoccupation, il prolonge, reprend et complète la déclinaison de différentes questions de recherche entreprises par l’auteur à l’intention du grand public dans le cadre de blogs scientifiques et complète un outil de travail sur le même objet, le Vocabulaire d’analyse des activités. Cet ouvrage vise trois types de publics : des professionnels des métiers de l’humain, intéressés par la production et l’utilisation d’outils de compréhension de leurs propres pratiques ; des personnes engagées dans des démarches de recherche de type universitaire s’intéressant aux démarches holistes et pragmatiques ; un public plus large sensible au discours social ambiant sur l’expérience, le développement personnel et éprouvant le besoin d’une prise de distance.
Répondre aux attentes de ces publics suppose de considérer les activités professionnelles non pas comme un champ d’application de savoirs produits par la recherche, mais comme un champ d’activités à partir duquel il est possible d’inférer des hypothèses pour la recherche. Tel qu’il a été conçu, ce livre peut être lu de manière continue ou en réponse à une demande spécialisée.
Inversion épistémologique et pas de côté, c’est le cheminement intellectuel proposé par Jean-Marie Barbier à son lecteur.
« La professionnalité en débat – (Se)débattre avec l’incertitude et faire métier en mouvement » sous la direction de Patrick Lechaux est paru aux éditions Octarès.
Cet ouvrage est né du constat d’un certain paradoxe. D’un côté, la notion de professionnalité s’est largement diffusée dans les champs de la recherche et de la formation, devenant une forme de catégorie ordinaire, autant pratique que théorique. Et de l’autre, elle n’est qu’exceptionnellement définie, y compris par les chercheurs. Les formateurs tendent à l’assimiler à l’identité professionnelle, utilisant assez indifféremment l’une ou l’autre notion. Tandis que les chercheurs qui mobilisent la « professionnalité » oscillent en général entre le pôle du travail bien fait et le pôle de l’identité professionnelle. Bref, autant catégorie de la pratique que catégorie épistémique, à bien des égards point aveugle des travaux relatifs aux questions du travail, de la formation et de la professionnalisation, il y avait un défi à relever : mettre à l’épreuve le potentiel heuristique de la notion de professionnalité.
L’ouvrage propose ainsi de mettre en débats les usages de la notion en reconstituant la généalogie de sa diffusion, depuis son introduction dans le champ de la sociologie du travail il y 50 ans. Et en donnant la parole aux deux figures faisant principalement référence à propos de la professionnalité, plutôt du côté de l’identité professionnelle pour l’une, et, du côté d’une approche pragmatiste des pratiques professionnelles pour l’autre. Une autre mise en débats consiste à explorer les éclairages apportés par une diversité de cadres théoriques ou de perspectives ouvertes par le couplage de la notion de professionnalité avec des notions voisines (disposition, savoirs, culture professionnelle, éthique, engagement corporel et temporel, etc.).
Dans un second temps, l’ouvrage met la notion de professionnalité à l’épreuve d’une conception anthropologique du travail, d’orientation pragmatiste, en vue d’explorer ce qu’une approche écologique et relationnelle des métiers en actes pour et avec autrui, fait à la professionnalité, du côté du co-engagement professionnel-autrui au cœur des transactions professionnels-autrui et environnement. Opérant ainsi un déplacement radical puisque la professionnalité se conjugue alors au pluriel, comme une professionnalité distribuée entre d’un côté les « styles » d’intervention des professionnels de métier et de l’autre l’art de faire des usagers avec les dispositifs et les services des professionnels qui les ont mis « au travail » sur eux-mêmes.
Ce déplacement ouvre ainsi la porte à des « approches cliniques de la professionnalité » en formation. En prenant pour matière première cette expérience de la co-activité, dans ses dimensions sensible, affectuelle, cognitive, axiologique, identitaire. Et en mobilisant des démarches qui, via divers dispositifs pédagogiques, engagent les acteurs en présence à se mettre en enquête, à chercher à emprunter la perspective de l’autre, à s’auto-confronter aux traces de son activité, à mettre en récit pour soi et pour autrui cette activité, …
En appui sur des travaux empiriques dans les champs de l’éducation, du soin et du travail social, cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, aux formateurs et aux étudiants.
Patrick Lechaux a dirigé l’ouvrage sur Les défis de la formation des travailleurs sociaux (2022) et publié divers travaux sur les transformations conjointes du travail, des publics, des apprenants et des dispositifs de professionnalisation dans le champ du travail social/intervention sociale.
Sylvie Montreuil a obtenu en 1981 une maîtrise de relations industrielles à l’Université Laval (Québec), qu’elle a complétée par des formations en santé-sécurité du travail à Laval et à Rimouski. Elle suit ensuite en 1983-1984 la formation d’ergonomiste temps-plein au CNAM, soutient un DEA d’ergonomie à Paris XIII en 1985, puis sa thèse de doctorat sous la direction d’Antoine Laville en 1990. Elle est recrutée en 1991 au département de relations industrielles de l’Université Laval, où elle développe avec plusieurs collègues, notamment Marie Bellemare, un cursus d’ergonomie au sein de la chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail, et où elle franchit tous les grades universitaires canadiens jusqu’à l’éméritat. Ce sont plus de 30 ans consacrés à la construction et au développement de l’ergonomie dans une même université.
Ses recherches, souvent financées par l’Institut Robert Sauvé en santé sécurité du travail (IRSST), ont porté sur de nombreux secteurs : scierie, conditionnement pharmaceutique, fabrication des tapis aux alumineries, pêche au homard, en passant par les bibliothèques publiques et la bureautique. Ses publications ont porté notamment sur la formation des opérateurs et des « représentants paritaires » comme composante de l’intervention ergonomique, en particulier dans les actions de prévention des TMS. Elle a été active dans la naissance et le développement du réseau « ergonomie et formation » de l’IEA à partir de 1994 dans une complicité constante avec Catherine Teiger, et a développé de nombreux partenariats internationaux, en particulier avec la France et le Portugal, allant ainsi à la rencontre de collaborations plus ponctuelles avec des collègues brésiliens.
Pour favoriser le développement de l’ergonomie à l’Université Laval, Sylvie a accepté d’assumer de nombreuses tâches politico-administratives, notamment au poste de vice-doyenne de la Faculté de sciences sociales. Elle était engagée dans divers comités scientifiques de revues, telles que Safety Science, Relations industrielles / Industrial Relations, Laboreal, Éducation Permanente. Elle a encadré plusieurs thèses en ergonomie. Pédagogue reconnue, elle a marqué celles et ceux qui l’ont connue par sa générosité, sa droiture, son humilité et sa joie de vivre. Elle a fait preuve de ces qualités pendant ces dernières années, où elle s’est battue, longtemps victorieusement, contre un cancer du cerveau.
la SELF renouvelle pour la 4ème année consécutive un concours auprès des étudiants en Master2 d’ergonomie reconnus Ergonome.s Junior.s Certifié.e.s par le CE2. L’objectif proposé est de produire une vidéo de format court (5 minutes maximum) sur leur intervention de fin d’étude, avec pour cible le grand public.
Le caractère original et pédagogique sera évalué par un jury composé de membres du conseil d’administration de la SELF. Les trois lauréats remporteront un prix respectivement de 200€, 100€ et 50€ couplé à un abonnement à la revue santé travail.
Ces vidéos ont pour objectif de développer la communication de la pratique des ergonomes au sein du grand public, et en bénéfice secondaire valorisera le travail des étudiant.e.s qui pourront l’utiliser comme support pour une recherche d’emploi par exemple. Les vidéos seront diffusées sur la chaine Youtube de la Self et relayées sur les réseaux.
La date limite d’envoi des vidéos est le 31 décembre 2026 à l’adresse groupe-recherche@ergonomie-self.org.
Guide de réalisation de la vidéo
La vidéo précisera :
- Le titre de l’intervention ou de la recherche
- Le ou les nom(s) du ou (des) étudiant.e(s)
- L’intitulé et l’année de réalisation du Master
- Le nom de la structure où s’est déroulée l’intervention (si accord de la structure)
A titre indicatif, la vidéo peut aborder tout ou partie des éléments structurants de l’intervention, à savoir :
- La demande et ou besoin de la structure
- L’objet de l’intervention ou de la recherche
- Les enjeux, contexte, problématique
- La méthode, la temporalité, les acteurs
- Les résultats obtenus
Dans le cadre de ses missions de soutien à la recherche, la SELF lance un appel à projets destiné à soutenir financièrement des activités contribuant au développement de recherches en Ergonomie portées par des chercheur.e.s ou jeunes chercheur.e.s.
Cet appel vise en particulier à accompagner des besoins liés à la formation, la rédaction scientifique, la traduction, la diffusion internationale des travaux, etc.
Une enveloppe financière de 2000€ est prévue cette année, et sera répartie à hauteur de 4 projets maximum, pour soutenir des projets qui devront être réalisés au cours de l’année 2027.
Les candidatures doivent être portées par une personne membre de la SELF à jour de ses cotisations, affiliée à une équipe de recherche, et dont l’activité scientifique s’inscrit en Ergonomie. La dimension internationale du projet sera valorisée mais n’est pas un critère excluant.
Les candidatures sont à formaliser en suivant le trame de dossier proposée, et seront examinées par une commission composée de membres du groupe recherche de la SELF.
Les dossiers de candidature incomplets ne pourront pas être examinés.
Les dossiers qui défendent un intérêt individuel ou commercial ne pourront pas être retenus.
Les dossiers de candidature sont à envoyer à l’adresse suivante : groupe-recherche@ergonomie-self.org
Les bénéficiaires de ce soutien s’engagent à adresser à la SELF, au terme du projet, un bref bilan présentant l’utilisation du financement et sa contribution à l’avancement du projet de recherche.
Le calendrier de soumission est le suivant :
- Lancement de l’appel : 13/07/2026
- Date limite de soumission des projets : 02/10/2026
Date de retour de la commission : 20/11/2026
« Usage de soi, Vie et Valeur » de Yves Schwartz paru chez Octares Editions.
L’idée qu’il existe toujours un écart entre le travail prescrit et le travail réel, mise au jour il y a plus de 50 ans, est entrée dans les savoirs reconnus. Il reste à entendre que cet écart caractérise tout agir humain, témoignant de l’existence universelle d’un « usage de soi » dont Yves Schwartz dans ce livre analyse l’émergence dans l’histoire du vivant : s’il veut vivre à peu près en santé, aucun individu ne peut renoncer à une existence singulière construite dans la rencontre avec ce que les autres exigent de lui. Obstinément, il essaie de reprendre l’initiative dans un champ de contraintes.
Cette découverte de l’usage de soi et sa définition avaient besoin d’une confrontation aux récents développements de plusieurs disciplines qui étudient les réalités humaines. C’est une partie importante de ce que propose ce nouvel ouvrage. Mais son actualité politique n’est pas moindre : quelles conséquences pour le gouvernement du travail et pour la vie démocratique si l’on assume que l’activité est toujours « usage de soi » dans le sens que donne Yves Schwartz à ce concept ?
Octarès Éditions publient le texte intégral de la seconde édition (Anact, 1997) de cet ouvrage de référence avec un avant-propos inédit de François Daniellou. La présentation qui suit, et les fonctions des auteurs, sont celles de la couverture originelle.
L’objet de cet ouvrage est d’aider à construire un point de vue sur l’activité de travail dans ses relations avec le fonctionnement de l’entreprise. Les auteurs explicitent la manière dont « l’activité réelle » des opérateurs traduit et reformule les conditions matérielles et organisationnelles du travail. C’est cette activité réelle qui contribue à produire les richesses de l’entreprise, mais aussi à donner le sens que chacun attribue individuellement et collectivement au travail. D’où la nécessité de la prendre en compte dès l’amont, en élargissant le collectif de conception et tes objectifs de la conception.
L’analyse de l’activité et sa compréhension sont présentées comme un moyen permettant :
– de mieux connaître et d’expliquer les relations entre les conditions de réalisation de la production et la santé des salariés ;
– de proposer des pistes de réflexion utiles pour la conception des situations de travail ;
– d’améliorer l’organisation des systèmes sociotechniques, la gestion des ressources humaines et par conséquent la performance de l’entreprise dans sa globalité.
L’association de différents acteurs dans l’entreprise à la mise en œuvre de cette démarche doit permettre une meilleure anticipation et donc une plus grande maîtrise des processus de transformation du travail.
Réunis pour formaliser dans ce livre une pratique d’intervention s’appuyant sur un référentiel riche et diversifié de situations concrètes et sur une démarche scientifique, les auteurs ont largement contribué au développement de l’analyse ergonomique du travail et à son enseignement.
F. Guérin, directeur général adjoint de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, responsable de la Mission Synthèse.
A. Laville, directeur du Laboratoire d’ergonomie physiologique et cognitive de l’École pratique des hautes études.
F. Daniellou, professeur d’ergonomie, Université de Bordeaux, directeur du Laboratoire d’ergonomie des systèmes complexes.
J. Duraffourg, professeur d’ergonomie à l’Université d’Aix-Marseille, directeur d’Activité SARL.
A. Kerguelen, ingénieur d’études au Centre national de la recherche scientifique
Nous avons appris le décès, survenu le 27 mai, de Jean-Marie Cellier, qui a été directeur de recherche en psychologie ergonomique au CNRS puis directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études à Toulouse. La SELF présente ses condoléances à sa famille.
Les funérailles seront célébrées au crématorium de Cornebarrieu (31700) le jeudi 04 juin 2026 à 14h15.