Cette communication s’intéresse à une question centrale qui concerne toutes les formations en alternance, à savoir « Que faire, du point de vue du formateur en institution, de l’existence irréductible d’écarts entre les normes d’actions proposées par différents acteurs, notamment l’école et les terrains de stage ? ». Elle traite d’un exemple d’une école en soins infirmiers en Suisse romande. L’étudiant en soins infirmiers réalise un programme de formation en alternance. La rencontre avec le terrain le confronte à la « richesse » de son futur métier, sa souffrance, ses aléas et surtout au fait qu’il n’y a pas qu’une façon de faire les choses. La confrontation de l’étudiant à l’écart, certes inévitable, mais parfois très éloigné, entre les prescrits de l’école et les pratiques dans les lieux de stage peut être très déstabilisante. L’étudiant peut se trouver pris en otage dans une malheureuse histoire dans laquelle les acteurs veulent jouer le même jeu mais n’ont pas les mêmes règles. Il n’existe pas de recette de soin qui s’adapte à toutes les situations. Le travail infirmier n’est pas une réaction à une situation déterminée ou une forme d’action pour laquelle des règles peuvent suffire. L’action infirmière (activité) est déterminée par la confrontation aux « événements » de toute sorte et la nécessité de se débrouiller, de bricoler, faire marcher son «intelligence pratique » au travail.
Le travail de mémoire dont cette communication est extraite démontre que la multiplicité et l’hétérogénéité des normes, des procédures et des règles constituent une source de perturbation dans l’apprentissage d’un soin invasif complexe choisi, notamment la pose du cathéter veineux périphérique. Ce chemin est plein de «parasites » qui rendent difficile le développement de l’autonomie de l’étudiant.
© 2023 – Société d’Ergonomie de Langue Française – Mentions légales – Contenus sous licence CC-BY-SA
Bienvenue sur le nouveau site de la SELF !
Venez découvrir :