Les résultats de l’enquête « Conditions de travail » réalisée en 1998 montrent une tendance au développement de l’autonomie des salariés. On constate donc une montée, lente mais réelle, de l’autonomie procédurale et de l’autonomie d’initiative, dans des couches sociales qui n’en étaient pas les attributaires traditionnels, à savoir les employés et surtout les ouvriers non qualifiés dont les méthodes de travail sont parmi les plus rigides. Certaines catégories d’employés, moins soumises à la prescription, ont également connu une tendance à la baisse : employés des postes et télécommunications, vendeurs en alimentation, employés des soins personnels, chauffeurs et employés des transports. L’écart s’est réduit entre l’industrie et le tertiaire, puisque dans la première, la construction mise à part, la prescription a beaucoup diminué. Les salariés sont aussi de moins en moins nombreux à appliquer strictement les consignes qu’ils reçoivent. L’application stricte concerne en premier lieu les ouvriers non qualifiés, ainsi que les ouvriers qualifiés de type industriel, et certaines catégories d’employés (postes et télécommunications, banques, assurances, restauration, libres services, santé). Les ouvriers qualifiés et les contremaîtres, les employés des transports, les chauffeurs, sont même de plus en plus nombreux à considérer qu’ils n’ont pas de consignes. Mais c’est dans les catégories qui se caractérisent par leur proximité avec l’univers domestique (assistantes maternelles, employées de maison, soins personnels, professions des arts et des spectacles), que cette proportion a le plus augmenté. En 1998 comme en 1991, près de 80 % des cadres et les deux tiers des professions intermédiaires règlent la plupart du temps personnellement les incidents qui surviennent au cours de leur travail. Les résultats de l’enquête semblent montrer que l’on a affaire à deux formes d’autonomie :
a) une autonomie d’initiative, «gagnée» par les salariés et dont on peut penser qu’elle a plutôt des effets bénéfiques : les salariés connaissent les objectifs à réaliser, ils ont le choix des modes opératoires et il n’y a pas de contrainte ou de contrôle hiérarchique.
b) une autonomie procédurale, «prescrite» par l’organisation et qui place les salariés dans un système d’injonctions paradoxales. Ils connaissent les objectifs à réaliser mais n’ont pas toujours les moyens de le faire. De plus, ils doivent respecter des consignes et ont peu de marges de manœuvre quant aux délais. Il y a une forte pression du contrôle hiérarchique.
© 2023 – Société d’Ergonomie de Langue Française – Mentions légales – Contenus sous licence CC-BY-SA
Bienvenue sur le nouveau site de la SELF !
Venez découvrir :