Le prochain congrès de la SELF se tiendra du 23 au 25 septembre 2026 à la Cité des Congrès de Nantes.
Notre discipline, par son ancrage dans le réel et l’activité, a construit un patrimoine unique pour la compréhension du travail et de ses évolutions. Ce positionnement a contribué au développement de pratiques d’intervention au service de transformations et du développement humain ; et nous disposons désormais d’outils conceptuels et méthodologiques forts qui se déclinent dans une grande diversité de pratiques au sein de la communauté.
Dans le même temps, la prise de conscience de l’anthropocène interpelle nos référentiels, nos rapports au vivant et la notion même de développement. Elle nous pousse à repenser la place des activités humaines de production de biens et de services pour éviter des effets irréversibles.
Parallèlement, les bouleversements sociétaux et géopolitiques redessinent en profondeur les cadres dans lesquels s’inscrivent les activités humaines. La fragilisation des institutions démocratiques à l’échelle planétaire, les recompositions idéologiques et les incertitudes économiques ne sont pas sans effets sur les collectifs de travail, les territoires et les organisations. Elles peuvent alors affecter la capacité des milieux professionnels à coopérer, à débattre et à soutenir des formes de développement qui demeurent justes, soutenables, inclusives et émancipatrices. Elles invitent à penser l’ergonomie au-delà des seuls environnements de travail, en l’articulant aux enjeux politiques, territoriaux et sociétaux, tout autant dans l’analyse que dans la transformation.
S’ajoutent les évolutions socio-techniques qui transforment profondément les milieux de travail. Les dispositifs numériques, robotiques, organisationnels ou algorithmiques ne relèvent jamais de simples innovations techniques : ils s’inscrivent dans des chaînes de décisions, sont portés par des valeurs, un imaginaire et des formes de division du travail qui les configurent autant qu’ils configurent l’activité. Leur déploiement modifie les marges de manœuvre, influence les possibilités de développement, redistribue les responsabilités, recompose les collectifs et produit de nouveaux arbitrages entre performance et santé. Ces transformations appellent tout autant à développer des connaissances nouvelles sur leurs effets sur l’activité et les milieux de travail, qu’à faire évoluer nos méthodes de conduite du changement pour penser l’intégration de ces dispositifs socio-techniques.
Comment mettre notre patrimoine conceptuel et méthodologique au service des évolutions en cours ? Comment le faire vivre, le faire évoluer et le faire valoir pour répondre aux enjeux émergents ? De quelles manières soutenir sa diffusion, son actualisation et son appropriation pour accompagner durablement les transformations ?
À partir de là, comment mieux appréhender les réalités et les bouleversements qui traversent nos sociétés et les milieux professionnels ? Avec quels cadres d’analyse saisir les tensions démocratiques, les mutations socio-techniques ou les recompositions institutionnelles ? En quoi ces transformations interrogent-elles nos pratiques d’intervention et appellent-elles des dispositifs méthodologiques renouvelés ?
Enfin, quelle place pour notre discipline dans ce contexte en mouvement ? Comment renforcer nos articulations avec les autres disciplines, les institutions et les organisations, afin de construire de nouvelles synergies pour analyser, transformer et accompagner les activités humaines ?
Nous proposons d’aborder cette thématique au travers 3 axes de réflexion :
- Axe 1 – Des bouleversements systémiques à l’œuvre : quelle actualité pour les activités humaines ?
Les liens entre activités humaines et bouleversements systémiques à l’œuvre apparaissent comme un fait majeur dans la communauté des ergonomes. Pour autant, sommes-nous suffisamment outillés conceptuellement pour les comprendre, les penser, voire les influencer ? Notre patrimoine conceptuel ancré dans des approches situées, incarnées, et à des échelles plus ou moins locales, nous ouvre cependant des perspectives fécondes, par un double engagement systémique et holistique. Dans une perspective pratique, nos démarches d’intervention permettent de construire des connaissances en partant de la compréhension des activités humaines contemporaines.
Comment ces connaissances pourraient-elles nous permettre de mieux envisager ces bouleversements globaux et leurs impacts sur les activités humaines ?
En quoi documenter les activités humaines actuelles ou futures nous permettrait de mieux appréhender les réalités du monde et de possibles transformations ? - Axe 2 – Réalité des situations de travail, réalité des transformations : quelles remises en question / quel état / quelles évolutions de nos pratiques ?
Les ergonomes dans leurs pratiques se confrontent et manipulent des dimensions hétérogènes et situées. Mais parvient-on si facilement à saisir toutes les nuances de ce réel et des réalités vécues, pour transformer ? Les interventions témoignent des effets des systèmes de production sur l’écosystème et dans le même temps, du poids des décisions économiques, environnementales, etc. sur les situations de travail. Ces interventions sont la voix des ergonomes mais aussi des acteurs engagés dans les situations de travail concernées.
Quels éléments structurants de nos pratiques convient-il de réaffirmer, revisiter ou renouveler face aux mutations contemporaines, pour continuer à contribuer au développent humain ?
Comment articuler Recherche, Pratique et Enseignement pour nourrir ces débats ? - Axe 3 – Fondamentaux, identité, valeur ajoutée : quel(s) futur(s) / quelle(s) ergonomie(s) ?
Ces bouleversements invitent à revisiter ce qui fonde l’ergonomie : ses principes, ses méthodes, ses connaissances et les finalités qui orientent son action. Ils interrogent également ce qui constitue son patrimoine disciplinaire, son identité et sa valeur ajoutée au sein d’un écosystème scientifique et sociétal en évolution.
La discipline se trouve ainsi prise entre unité et émiettement : diversité des pratiques, pluralité des cadres conceptuels, hétérogénéité des terrains et des demandes sociales. Cette pluralité est une richesse, mais elle questionne aussi la cohérence de nos fondamentaux et la manière dont ils se transforment dans les interventions, la recherche et l’enseignement.
Comment penser et discuter les frontières conceptuelles, méthodologiques et épistémiques de l’ergonomie dans un environnement pluridisciplinaire ?
Quelles disciplines de notre écosystème scientifique pourraient nous aider à alimenter nos réflexions pour développer nos fondamentaux et ouvrir de nouvelles synergies ?
Comment (re)structurer une “communauté scientifique élargie” ?
Les propositions de communication devront s’inscrire dans l’un ou plusieurs de ces axes, tout en mobilisant l’un ou plusieurs des dix sous-thèmes transversaux des congrès de la SELF, qui structurent la diversité des problématiques, recherches et pratiques en ergonomie.
Pour recevoir toutes les informations du congrès 2026 par courriel, inscrivez-vous en nous envoyant un email à : orga.nantes2026@ergonomie-self.org
- Sébastien ARNAUD, Solutions Productives
- Yvan BOBY, ergonova
- Nathalie CHIOSI, Antéis
- Eric FORTINEAU, ergonova
- Éloïse GALIOOT, Alternatives Ergonomiques
- Cécile GOUDEAU, ergotec
- Loïc GROSDEMOUGE, Metthod
- Samuel LE GAL, ergotec
- Frédéric LUZI, CA Self
- Christophe REAL, Cnam de Nantes
- Véronique RUIZ-JIMENEZ, Réseau National insertion et maintien en emploi
- Jeanne THEBAULT, Université de Lille SHS
Les Intentions du Comité d’Organisation :
Proposer un Congrès qui soit un lieu de croisement des pratiques de l’ergonomie d’aujourd’hui au service des pratiques de demain : chercheurs-ses, enseignant-es, praticien·nes.
Notre ambition est de créer : une rencontre, conviviale & bienveillante, respectueuse des différentes réalités et des pratiques de chacun.e.
Une expérience qui nous ressemble et nous rassemble, riche d’enseignements et fédératrice, grâce à une confrontation constructive des points de vue.
- Marion ALBERT, Université Bretagne Sud
- Sébastien ARNAUD, Solutions Productives
- Yvan BOBY, ergonova
- Géraldine BODY, Université de Nantes, CREN
- Gaëtan BOURMAUD, Université Paris 8
- Willy BUCHMANN, Le Cnam, CRTD
- Alexis CHAMBEL, Équipe de recherche interdisciplinaire sur le travail Santé-Genre-Égalité (SAGE), Université du Québec à Montréal (UQAM), CA Self
- Liliana CUNHA, Université de Porto
- Christine CHAUVIN, Université Bretagne Sud
- Cécile BRIEC, Alternatives Ergonomiques, Cnam
- Vanina MOLLO, Université de Toulouse, Ipst-Cnam, CERTOP (UMR 5044)
- Christophe REAL, Cnam Nantes
- Jeanne THEBAULT, Université de Lille SHS, CA Self
- Christine VIDAL-GOMEL, Université de Nantes, CREN
- Rafaël WEISSBRODT, HES-SO Valais-Wallis / Université de Neuchâtel, CA Self
- Thomas DEVAUX, Carte Blanche Organisation
self2026@cborg.fr
- Informations à venir
- Informations à venir
Du 23 au 25 septembre 2026
📍 La Cité des Congrès de Nantes | 5 Rue de Valmy | 44000 Nantes