Nous avons le plaisir de vous partager les activités récentes de l’IEA, l’association faîtière regroupant les sociétés d’ergonomie du monde entier.
- Participation de l’IEA à la dernière Conférence internationale du travail
L’Organisation internationale du travail (OIT) a invité l’IEA à participer, comme organisation non-gouvernementale, à la 113e Conférence internationale du travail, en juin à Genève. Cette conférence annuelle réunit plus de 5’000 représentant.es des gouvernements, des associations patronales et des syndicats de travailleur.euses du monde entier. Le délégué de l’IEA a pris part à des échanges sur de potentielles nouvelles normes internationales sur les risques biologiques, le travail décent dans l’économie de plateforme, ainsi que la promotion du passage du travail informel au travail formel.
- Enquête prospective de l’OIT
L’OIT souhaite recueillir des avis d’expert.es sur les défis émergents, en matière de santé et de sécurité au travail. Vous êtes invité.es à participer à son premier questionnaire Delphi. N’hésitez pas à le faire suivre à votre réseau, en particulier auprès de personnes pouvant offrir des points de vue originaux, de différentes perspectives géographiques, économiques, sociales, environnementales et politiques. L’enquête comportera deux phases, la première servant à identifier des signaux de changement, et la seconde visant à prioriser les résultats et à guider les futures discussions.
- Rédaction d’un document de travail destiné à l’OIT
L’IEA a mis en place un groupe d’expert.es reconnu.es au niveau international, pour rédiger un document de travail, d’ici octobre 2025, pour l’OIT. Ce texte servira de base pour un document technique qui mettra en évidence des problématiques importantes, à prendre en compte dans une future Convention internationale sur l’ergonomie (International Convention on Workplace Ergonomics), prévue pour 2026. Ce sera la première fois que l’OIT produira une convention internationale sur l’ergonomie ; une convention de 1967 portait uniquement sur la manutention de charges. L’IEA souhaite inclure autant de perspectives que possible, malgré le délai court. Le document de travail inclura des définitions de l’ergonomie et une description de ses champs, de ses principes, de ses méthodes et instruments, des compétences et contenus de formations, ainsi que des référentiels de certification. La Self a proposé la participation de deux personnes : Christine Chauvin-Blottiaux (Professeure des Universités en Psychologie Ergonomique) et Jean-François Vautier (Spécialiste Facteurs Humains et Organisationnels au CEA). Nous les remercions pour leur disponibilité.
- Réunion IEA en ligne le 23 juin
Liliana Cunha a représenté la Self lors d’une rencontre en ligne du Conseil de l’IEA, consacrée à la visibilité et à la promotion de l’ergonomie. La trentaine de personnes présentes ont partagé diverses initiatives visant à renforcer la croissance et l’impact de leurs associations. L’IEA invite les membres de la SELF à diffuser, via le site web de l’IEA, les activités qu’ils mènent (p.ex. des résultats de recherche et des études de cas) et les événements qu’ils organisent. Les messages à diffuser peuvent être envoyés à cpr@iea.cc, au moins 5 jours à l’avance, en indiquant le nom et les coordonnées, ainsi que la date de publication souhaitée (sous réserve d’approbation).
- Prix IEA/Kingfar pour la recherche en ergonomie
La Self a proposé trois candidats pour le prix IEA/Kingfar, qui récompense chaque année des travaux de recherche innovants, réalisés par des doctorant.es ou par des chercheur.euses en début de carrière. Nous leur souhaitons plein succès !
- Présentation du comité technique Resilience Engineering
L’IEA comporte 24 comités techniques. Dans sa dernière newsletter, c’était au tour du comité Resilience Engineering de se présenter. L’augmentation de la taille et de l’interconnexion des systèmes sociotechniques nécessite un renouvellement des théories et méthodes fondées sur une pensée linéaire, au profit d’approches systémiques. La notion de performance résiliente, une propriété du système permettant l’adaptation et la survie, face à des circonstances tant attendues qu’inattendues, est essentielle dans un environnement hautement complexe. La résilience est un phénomène émergent ; elle résulte, pour une part, de l’auto-organisation d’opérateurs et opératrices amenés à combler les lacunes de conception et, pour une autre part, de la planification des ressources en amont. Ces deux dimensions interagissent entre elles et avec diverses autres caractéristiques des systèmes sociotechniques, telles que la sécurité, la productivité, la qualité, la durabilité et la fiabilité.
Le Resilience Engineering est un champ en pleine croissance, dans de nombreux domaines tels que la santé, les transports aériens et maritimes, la conception de logiciels, la production industrielle et la construction. Cette évolution s’accompagne du développement de nouveaux modèles et théories, à partir d’approches ergonomiques existantes. Le comité technique vise à contribuer à ces évolutions, en organisant des conférences, ateliers, publications et rencontres, en diffusant du matériel de formation, en promouvant le dialogue avec d’autres courants de l’ergonomie, et en promouvant la collaboration internationale, idéalement au travers de projets de recherche pluricentriques. Toute personne intéressée peut rejoindre le comité, via le lien ci-dessous.
- XXVe Congrès brésilien d’ergonomie et facteurs humains
L’Association brésilienne d’ergonomie et des facteurs humains (ABERGO) et l’Union latino-américaine d’ergonomie (ULAERGO) organisent un congrès, du 4 au 7 novembre 2025, à Ceara au Brésil. Le thème sera : « Intelligence artificielle et innovations techniques : défis pour l’ergonomie et les facteurs humains ». Les informations seront mises en ligne prochainement.
« Littérature, management et travail » vient de paraître aux éditions l’Harmattan, sous la direction de Fabien De Geuser, Rebecca Dickason et Alain Max Guénette. Cet ouvrage se compose de deux tomes.
- Tome 1 – Management et travail : complexité, tensions et mutations, au prisme de la littérature
- Tome 2 – La littérature comme révélateur du travail réel et de l’expérience intérieure du management : trajectoires temporelles, spatiales, (im)matérielles et de transformations
Le projet éditorial : Littérature, management et travail est le troisième volume de la série « Littérature et Management » qui explore la manière dont la littérature représente les organisations et le monde du travail pour en enrichir la compréhension, offrir une lecture renouvelée des questions du travail et du management, mais aussi alimenter les enseignements et la formation. Le postulat de cette série est que le détour par la littérature permet d’ajouter aux perspectives classiques sur le travail et son organisation des grilles de lectures esthétiques, linguistiques, stylistiques, émotionnelles, créatrices ou imaginaires qui peuvent contribuer à renouveler les pratiques managériales. Intégrer les arts et les humanités dans le management et l’analyse du travail et des organisations est essentiel aujourd’hui. La littérature, depuis la poésie jusqu’à la science-fiction, en passant par le roman, le théâtre ou même la BD, donne à ses lecteurs les moyens de revisiter les cadres organisationnels et de faire résonner la subjectivité de l’expérience du travail.
Nous avons appris avec tristesse le décès le 8 mai 2025 de Luc Desnoyers.
Luc Desnoyers était d’abord un spécialiste de la vision. Il a été l’auteur d’une célèbre recherche sur les directions de regard de mineurs grâce à leurs lampes frontales. Il a participé à de nombreux programmes de formation de syndicalistes sur les questions de santé au travail. Il collaborait sur ce sujet avec Catherine Teiger et Antoine Laville et, dans les années 1980, faisait un séjour presque chaque année au laboratoire d’ergonomie du CNAM. Professeur à l’UQAM, Il a développé au sein du département des sciences biologiques le premier cours francophone d’ergonomie à Montréal. Il s’est plus tard spécialisé dans l’étude des supports visuels de la communication scientifique – à commencer par un cahier des charges qu’il avait fait pour les ergonomes francophones présentant en congrès.
Élu au conseil de la SELF, il en est devenu président en 2000. Il en était aussi l’un des représentants au Conseil de l’IEA. À ce titre, il a participé aux réunions successives du Conseil (en 1997-1999) au cours desquelles a été élaborée la définition de l’ergonomie, élaboration qui a donné lieu à des débats de fond sur la nature de la discipline et de sa pratique.
Défenseur acharné de la Langue Française à la SELF, sa lettre à ce sujet dans le Bulletin de la SELF avait eu un certain retentissement.
La SELF présente ses condoléances à ses proches.
Créé en 2006 dans le prolongement du Technical Committee « Gender and Work » de l’International Ergonomics Association, le Groupe Genre, Activité, Santé (GAS), rassemble des chercheur·euse·s, des praticien·ne·s et des étudiant·e·s d’horizons variés partageant un intérêt commun pour une analyse genrée du travail.
Son objectif ?
Intégrer les dimensions de sexe et de genre dans l’analyse du travail et la transformation des activités professionnelles, afin de mieux comprendre et d’agir sur les inégalités qui peuvent se manifester dans la répartition des tâches et avoir un impact sur la santé. Les travaux du groupe GAS montrent, par exemple, comment les femmes et les hommes sont exposé·e·s à des dangers différents, élaborent des stratégies opératoires distinctes ou subissent des contraintes spécifiques liées aux stéréotypes de genre.
Concrètement, le groupe GAS :
- Contribue à la mise en place d’actions de prévention, de formation et de sensibilisation.
- Organise 2 à 3 séminaires par an, moments d’échange autour de recherches, de retours d’expériences de terrain et de projets d’intervention.
- Participe et contribue à des symposiums dans le cadre des congrès de la SELF et de l’IEA, et organise également des événements comme, en 2024, le colloque
Notre prochain évènement est le colloque « Transition écologique et genre : quelles transformations du travail ? » :
Une invitation à découvrir et à participer
Nous invitons vivement les membres de la SELF à nous rejoindre pour découvrir (ou développer) cette thématique, échanger sur nos pratiques respectives, et contribuer à une ergonomie toujours plus attentive aux enjeux soulevés par l’analyse genrée des activités de travail.
Pour en savoir plus sur le GAS, visitez notre site web :
Les coordinatrices du groupe GAS, Isabelle PROBST et Fabienne GOUTILLE
Photo mise en avant : Barros, C., Cunha, L, & Santos, M. (2015). Maladies professionnelles au Portugal : contribution d’une approche de genre contextualisée à l’analyse des conditions de travail à un niveau local. Communication à la Conférence Internationale Femmes, Santé et Travail « Partager connaissances et expériences pour améliorer les conditions de travail des femmes et renforcer l’égalité », Bruxelles, ETUI, 4-6 mars.
L’appel à communications pour le numéro spécial « Ergonomics, Gender and Social Sustainability » de la revue International Journal of Industrial Ergonomics est prolongé jusqu’au 30 avril 2025.
Ce numéro spécial vise à rassembler des travaux internationaux originaux sur ce thème : articles de recherche, revues de littérature et études de cas sont les bienvenus. Vous trouverez toutes les informations nécessaires via le lien suivant :
Les articles acceptés seront publiés au fil de l’eau, mais ils nécessitent l’évaluation d’ergonomes anglophones habitués à l’approche d’analyse de l’activité francophone. Votre participation en tant qu’évaluateur·ice est cruciale : elle contribue grandement à la diffusion et à la reconnaissance de travaux de qualité au niveau international.
Nous comptons vivement sur votre implication pour faire vivre ce numéro spécial, et vous remercions par avance de votre précieuse collaboration.
Marie Laberge & Fabienne Goutille, co-éditrices invitées.
La revue Laboreal lance un appel à contributions pour le numéro de décembre 2025, dans le cadre du dossier « Soigner et traiter : activités et défis pour le travail dans le champ de la santé ».
L’équipe d’Ergonomie du Cnam Paris recrute !
Attention, date limite de dépôt : 31 mars.
Deux postes de professeurs associés en ergonomie sont à pourvoir, dont un sur les questions de « sécurité et risques professionnels/ gestion de crises-fiabilité »
N’hésitez pas à contacter catherine.delgoulet@lecnam.net et tahar-hakim.benchekroun@lecnam.net pour plus d’informations.
Jeudi 12 décembre 2024 s’est déroulée une journée d’échanges entre les ergonomes exerçant en Corse et d’autres préventeurs.
Cette « Journée des préventeurs », co-organisée par l’ARACT Corse, la SELF et l’IUT HSE de l’Université de Corse, a rassemblé une quarantaine de participants, avec des professionnels, les étudiants et les enseignants de la filière.
La matinée « SELF à vous ! » a été consacrée à des retours d’expérience de quatre ergonomes insulaires et à des échanges sur les conditions d’exercice du métier sous différentes formes (consultant, interne au sein d’une collectivité, d’un service de santé au travail ou au sein de l’ARACT).
Philippe Negroni, ancien Président, a eu également l’occasion de présenter succinctement les objectifs et les réalisations de la SELF à l’ensemble de l’auditoire.
L’après-midi, d’autres préventeurs (psychologue, assistant social, responsables sécurité, consultants) sont revenus sur leur pratique à travers l’exposé de cas et une mise en perspective de l’exercice de leurs métiers, particulièrement destinée aux étudiants.
Les contacts informels créés lors de cette journée ont été nombreux et faciliteront sans doute la mise en œuvre de démarches pluridisciplinaires dans le futur.
Les ergonomes de Corse vont tenter de conserver la dynamique d’échanges initiée lors de cette journée ; la SELF pourra y jouer un rôle de facilitation.

Depuis quelque temps, en particulier à la suite de la création en 2023 du Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (Fipu), une appellation surprenante rassemble les contraintes liées au travail manuel et connues comme porteuses de risques pour la santé à long terme : manutentions de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques. Plusieurs textes, dont celui fondateur du Fipu, les dénomment « risques ergonomiques ».
Pour la communauté des ergonomes, cette nouvelle formulation officielle « risques ergonomiques » est un contresens dangereux pour la prévention.
La Société d’Ergonomie de Langue Française a rédigé une tribune à ce sujet dans Santé & Travail.
Il y a un mois, nous apprenions avec tristesse la disparition de Catherine Cailloux-Teiger, figure marquante de notre communauté. À travers un premier hommage, nous avons invité chacun d’entre vous à contribuer par un témoignage, un souvenir, une pensée. Nous vous remercions chaleureusement pour votre réactivité et votre générosité.
Aujourd’hui, nous avons le plaisir de partager avec vous ce recueil de contributions, reflet de la richesse des liens que Catherine avait su tisser. Pour découvrir ces témoignages et continuer à faire vivre son souvenir, nous vous invitons à consulter le document ci-dessous.