La volonté d’homogénéiser les façons de faire pour améliorer la performance persiste encore dans les systèmes de gestion des entreprise à fortes composantes sensori-motrices. Cette volonté motive les gestionnaires à développer des systèmes de prescription des gestuelles, basés sur l’idée d’enseigner et de faire pratiquer le « bon geste ». Dans ce cadre, l’entreprise en question met en place de nouveaux outils au service de cette homogénéisation. L’étude présentée dans ce texte concerne la conception et l’utilisation de fiches opératoires. L’objectif de ce travail est d’analyser le rôle de ces fiches, c’est-à-dire leur conception et leurs usages, au regard de la préservation de la santé. L’étude se fonde sur une analyse ergonomique en deux temps: une première analyse qui concerne la conception des fiches dans un secteur de l’usine où ces dernières ne sont pas encore implantées, puis une seconde qui concerne l’usage des fiches dans un secteur où elles vivent depuis plusieurs mois. Cette méthodologie a permis de montrer que la pratique des opérateurs renvoie à la mise en œuvre de techniques différentes qui reposent néanmoins sur des principes de fonctionnement communs à tous. Ces principes sont issus de diverses sources en fonction de l’expérience des opérateurs. Cette mise à jour de la rationalité des opérateurs permet une comparaison avec celle des fiches opératoires qui montre que l’impact de cet outil « prescripteur » sur la pratique et la santé des opérateurs reste pour l’instant modéré. En outre, l’analyse de l’activité du concepteur des fiches permet de pointer les critères qui entrent en jeu dans le choix de la prescription d’un mode opératoire et de comprendre les difficultés rencontrées par ce dernier pour accomplir cette nouvelle tâche.
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