« Usage de soi, Vie et Valeur » de Yves Schwartz paru chez Octares Editions.
L’idée qu’il existe toujours un écart entre le travail prescrit et le travail réel, mise au jour il y a plus de 50 ans, est entrée dans les savoirs reconnus. Il reste à entendre que cet écart caractérise tout agir humain, témoignant de l’existence universelle d’un « usage de soi » dont Yves Schwartz dans ce livre analyse l’émergence dans l’histoire du vivant : s’il veut vivre à peu près en santé, aucun individu ne peut renoncer à une existence singulière construite dans la rencontre avec ce que les autres exigent de lui. Obstinément, il essaie de reprendre l’initiative dans un champ de contraintes.
Cette découverte de l’usage de soi et sa définition avaient besoin d’une confrontation aux récents développements de plusieurs disciplines qui étudient les réalités humaines. C’est une partie importante de ce que propose ce nouvel ouvrage. Mais son actualité politique n’est pas moindre : quelles conséquences pour le gouvernement du travail et pour la vie démocratique si l’on assume que l’activité est toujours « usage de soi » dans le sens que donne Yves Schwartz à ce concept ?