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Appel à communications

Appel à communication Innovation et Travail, sens et valeur du changement

 

47ème Congrès de la Société d’Ergonomie de Langue Française
5, 6 et 7 Septembre 2012
Lyon

 

 

Le thème de ce 47ème Congrès est issu d’un constat : la place du travail, le rôle que tiennent, à différentes échelles, les travailleurs sont des questions largement absentes des débats actuels sur l’innovation.

Les enjeux principaux du thème sont triples : documenter les dynamiques actuelles d’innovation du point de vue du travail et de l’Homme au travail ; mieux appréhender la place du travail et de ses ressources pour l’innovation et enfin mettre en patrimoine, au sein de la communauté, les démarches et méthodes destinées à contribuer à l’innovation.

 

Les « désordres » de l’innovation sur le travail
Parler d’innovation, c’est évoquer une mutation, le passage qui va d’un espace d’ordre supposé dépassé à un autre ordre souhaité mais en construction. Il s’agit donc d’une période de « désordre ». Plusieurs questions sont alors posées. Soulignons-en quelques-unes :
Comment caractériser ces « systèmes d’ordres » du point de vue du travail? On peut parler de « cadre sociotechnique », de « régime », de « paradigme technico-scientifique ». Mais ces notions désignent avant tout des entités sociologiques ou techniques. Quels sont les éléments ou les facteurs qui sont constitutifs d’un « espace d’ordre » dans le travail ? Est-il par exemple suffisant de se limiter aux « conditions de travail » ? Et comment alors décrire et appréhender les mutations et les transitions du travail ?
Il s’agit également de caractériser ces « désordres » du point de vue du travail et de ceux qui le réalisent, à différentes échelles : au niveau micro (de l’activité, d’une situation ) ; au niveau méso (des collectifs de travail, des organisations ou des métiers) ; et au niveau macro (des cadres juridiques ou économiques du travail ou de la longue période historique).
Enfin l’innovation n’est évidemment pas exempte d’idéologie (gestionnaires, politiques, ) : des idéalités sont projetées, souhaitées. Mais avec quelles résistances du réel rencontrées dans le travail ? Et à quel titre ce « rappel du réel » peut-il constituer un principe normatif facteur d’ordre ou d’émergence du « nouveau » ? Sous quelles formes les impacts (positifs ou négatifs) de l’innovation sur le travail influencent-ils par exemple les trajectoires d’innovation ?
 
La place du travail et les ressources du travail pour l’innovation
Dans les médias, le terme d’innovation est simplement synonyme de nouveauté.

Mais la notion d’innovation conduit aussi et peut être surtout à appréhender les transformations sur une large échelle temporelle et spatiale : les  trajectoires techniques, les dimensions économiques de la croissance, la fabrication des métiers et des identités professionnelles Là aussi, plusieurs questions sont posées, par exemple :

 

Comment se situe alors la question du travail dans cette large échelle temporelle et spatiale ? Comment est-elle appréhendée en ergonomie et plus largement dans les disciplines liées au travail ? Comment par exemple situer la question du travail dans la thématique du développement durable ? Quel est l’impact du passage d’une économie centrée sur la production industrielle à une économie davantage centrée sur les services, et quelles en sont les conséquences sur les formes actuelles du travail ou sur la culture ouvrière ?

 

En quoi et à quelles conditions le travail est-il une ressource pour l’innovation ?

La culture occidentale attribue une valeur intrinsèquement positive au changement à laquelle la notion d’innovation n’échappe pas, même lorsqu’on des notions telles que celles de « progrès » ou de « projet » ne sont pas mobilisées. Cette idée d’innover se transforme alors facilement en une « injonction au changement ». En quoi résiderait cette valeur positive du changement quand on l’appréhende sous l’angle du travail ? Ne faut-il pas faire également l’éloge de la continuité, de la réassurance dans des construits mis en patrimoine ? Lesquels ? Y a t-il des points d’appui, des ressorts du travail qui doivent échapper à la « destruction créatrice » valorisée par l’innovation ? Quelle part de créativité de l’opérateur doit-on pouvoir valoriser ?

Une troisième interrogation porte sur le vivre ensemble. Qui porte le sens du changement, où se construit-il, avec quels espaces de régulation ? Quelle place est donnée aux projets des salariés, comment s’insère la créativité de l’agir ou le travail comme œuvre, et avec quelle reconnaissance ? Est ici posée la question de l’articulation entre des sphères d’intérêts hétérogènes, en même temps que sont réinterrogées, sous des formes renouvelées, des thématiques anciennes (p. ex. « la résistance au changement »).

 

La conduite de l’innovation

A travers la transformation et la conception des situations de travail, l’ergonomie contribue à l’innovation. Cette thématique rejoint donc des questions classiques de la discipline : sur la conduite du changement ou la conduite de projet, par exemple. Comment le contexte actuel de profonde transformation des milieux de production réinterroge et renouvelle les démarches et les méthodes, mais aussi les questions à appréhender ? Là encore les questions sont nombreuses, on en citera seulement deux à titre d’exemples :

 

Comment et sous quelle forme le travail constitue t-il une ressource pour innover ? On retrouve ici des questions évoquées ci-dessus : l’impact du travail sur les trajectoires d’innovations économiques ou techniques, la place des travailleurs quels qu’ils soient, leurs apprentissages, les dynamiques d’appropriation ou de rejet de la nouveauté, la conception « continuée » et dans l’usage ? Prend-on suffisamment en compte la créativité de l’activité durant l’innovation ? Faut-il imaginer des démarches de « co-conception », quelles en sont les formes ?

 

Comme évoquée précédemment, l’innovation peut être abordée sur une large échelle temporelle et spatiale. Quelles sont les formes méthodologiques qui correspondent à la prise en compte de ces nouveaux enjeux ? Comment, par exemple, intervient-on sur des filières ou sur des territoires ? Quelles sont les démarches susceptibles de répondre aux enjeux actuels de la sous-traitance parfois mondialisée ? A quel titre et comment faut-il prendre en compte, au plan des méthodes, la longue période historique et les constructions (cognitives, culturelles, ) qui y correspondent ?

 

Dates clefs :

- Date limite de réception des propositions de communication : 2 Mars 2012

- Retour aux auteurs : 4 Mai 2012